Viols d’élèves en Isère: mobilisation de parents pour « éveiller les consciences »

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Soixante-dix personnes ont manifesté samedi matin à La-Tour-du-Pin, en Isère, pour « crier leur colère » et « éveiller les consciences », deux mois après l’arrestation d’un ancien directeur d’école suspecté d’agressions sexuelles sur des dizaines d’enfants d’établissements scolaires de la région.

Composé de parents d’élèves et d’enfants de l’école primaire de Saint-Clair-de-la-Tour, établissement d’une commune limitrophe fréquenté en 2012 par l’ex-enseignant, le cortège s’est dirigé vers la sous-préfecture de La Tour-du-Pin, où son parcours s’est achevé, vers 11H30.

« On veut crier notre colère car un silence s’est de nouveau installé après l’éclat médiatique qui a fait suite à son arrestation. On souhaite que les parents portent plainte et que leur douleur soit reconnue. Ces enfants ne peuvent pas grandir avec ce doute, avec ce déni », a souligné Chrystelle Gerland, la président de l’association « Parents en colère », à l’origine de la manifestation.

Début mai, cinquante-cinq signalements avaient officiellement été déposées dans le cadre de ce dossier auprès de la justice. Au sein de l’école primaire de Saint-Clair-de-la-Tour, neuf enfants ont été identifiés comme des victimes potentielles des agissements de l’ancien directeur d’école.

Mis en examen pour des faits relatifs à onze de ses élèves, l’homme, qui enseignait dans une école de Villefontaine au moment de son arrestation, en mars dernier, est soupçonné d’avoir imposé « par surprise » des fellations à plusieurs de ses élèves. Il avait déjà été condamné en juin 2008 à six mois de prison avec sursis pour avoir téléchargé des images pédopornographiques.

« On veut que les gens prennent conscience de ce qui s’est passé et que les ministères de l’Education et de la Justice soutiennent les enseignants et les parents concernés. On espère que le projet de loi sera appliqué », affirme Eloïse Metral, vice-trésorière de l’association.

Le 4 mai, les ministres de l’Education et de la Justice ont annoncé qu’une loi obligerait bientôt les services judiciaires à signaler à l’administration les condamnations prononcées contre des fonctionnaires exerçant au contact de mineurs.

« Les langues se délient: les enfants commencent à parler entre eux. Ils ne nous disent pas tout à nous, parents. Il y aura certainement encore pas mal de victimes », conclut Nathalie, la mère de l’une d’entre elles.

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