Procès de l’enseignant démissionnaire du lycée musulman Averroès: décision le 4 septembre

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Le tribunal de police de Lille a fixé au 4 septembre la décision concernant l’affaire de diffamation et injure non publiques opposant le lycée privé musulman sous contrat Averroès à un enseignant démissionnaire, à l’issue de l’audience vendredi matin.

L’enseignant avait publié le 6 février une tribune dans Libération intitulée « Pourquoi j’ai démissionné du lycée Averroès », dans laquelle il accusait les responsables du premier établissement privé musulman sous contrat avec l’Etat de diffuser « de manière sournoise et pernicieuse une conception de l’islam qui n’est autre que l’islamisme ».

Moins d’une semaine après, la direction du lycée situé à Lille a lancé une procédure judiciaire par citation directe, rédigée sur la base des propos tenus par Soufiane Zitouni, professeur de philosophie, dans un courriel adressé à plusieurs collègues.

A l’audience de vendredi, Soufiane Zitouni, qui assurait sa propre défense, a assumé devant le tribunal le qualificatif de « nid de vipères » utilisé à l’encontre de l’établissement – auquel il est encore officiellement attaché, M. Zitouni étant actuellement en congé maladie.

« Une vipère a une langue bifide, ça symbolise le double langage, j’aurais pu dire un panier de crabes », a clamé le professeur de philosophie.

Il a dénoncé notamment les « réactions épidermiques » des élèves lorsqu’il parlait en classe de la théorie de l’évolution de Darwin, les positions pro-Hamas de certains professeurs ou encore la prescription du port du voile comme « obligation religieuse » par un imam lors du prêche du vendredi.

« J’ai cru que ce lycée était de bonne foi et que je pourrais travailler dans l’esprit du philosophe Averroès, mais Averroès c’était pour la vitrine, pour avoir le contrat (avec l’Etat ndlr) », a-t-il regretté.

L’avocat du lycée musulman, Me Hakim Chergui, a de son côté souligné que le professeur « n’a pas apporté les preuves de la matérialité » de ce qu’il dénonce. « Cette affaire a créé un émoi considérable au sein de la communauté musulmane lilloise et du Nord, un désarroi profond au sein des élèves », a-t-il fait valoir.

A la suite de l’affaire, le rectorat de Lille avait organisé une inspection et rédigé un rapport, publié le 20 février, dans lequel il estimait que le lycée respectait « globalement » les termes de son contrat avec l’Etat.

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