Le président de la FCPE ne sera pas reconduit

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La FCPE, première fédération de parents d’élèves, devra se trouver un nouveau président après le désavoeu inattendu des délégués ce week-end, attribué en interne à une « crise d’organisation » mais vu à l’UMP comme un « revers cinglant » pour la réforme du collège.

Réunis en congrès à Reims, les délégués de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), classée à gauche, n’ont pas reconduit dimanche le président Paul Raoult dans ses fonctions d’administrateur. Le Conseil d’administration était renouvelé par tiers, et M. Raoult est arrivé 17e sur 24. Il ne pourra de ce fait se représenter au poste de président début juin, a expliqué la FCPE lundi.

Le rapport d’activité a également été rejeté, avec 48% de voix contre, 41% pour et 11% d’abstentions.

Ce vote s’explique avant tout par « une crise d’organisation interne », a affirmé à l’AFP Paul Raoult, président depuis deux ans, en dénonçant l' »instrumentalisation » établissant un lien avec le soutien de sa fédération à la réforme du collège.

Il en a voulu pour preuve « la standing ovation réservée à la ministre » de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem, samedi à Reims.

La FCPE « continuera, pour la réussite de tous les élèves, à défendre la réforme du collège, qui devra être abondée en moyens suffisants pour répondre aux exigences des parents d’élèves », a d’ailleurs martelé lundi la fédération dans un communiqué.

Mais la lecture est différente dans l’opposition, où la sénatrice UMP Catherine Troendle a parlé de « revers cinglant de l’équipe nationale de la FCPE ». Les parents d’élèves « ont sévèrement sanctionné les soutiens inconditionnels de Mme Vallaud-Belkacem et le projet de réforme du collège », a-t-elle estimé dans un communiqué.

La FCPE avait dès avril appuyé la réforme portée par la ministre et vivement soutenue par tout le gouvernement face aux attaques d’un front hétéroclite alliant de nombreux syndicats, des intellectuels et l’opposition.

Pour Rodrigo Arenas, secrétaire général adjoint de la FCPE, le vote « manifeste un mécontentement sur la façon dont notre fédération est gérée actuellement ». « Il convient d’associer davantage les diversités d’opinion, la représentation des parents pour pouvoir apporter de meilleures réponses » aux questions éducatives, a-t-il ajouté.

Sur place, les militants interrogés par un journaliste de l’AFP s’accordent sur ce constat de problèmes de fonctionnement avec la direction, à laquelle un manque de « démocratie » était reproché.

« L’ancien président n’a pas su fédérer les militants qui demandaient un peu plus de démocratie participative », a estimé Véronique Le Coerer, présidente de la FCPE du Rhône.

« La majorité des adhérents est favorable à la réforme des collèges, même s’il y a des discussions quant aux moyens alloués pour l’appliquer », a expliqué Isabelle Rocca, vice-présidente de la FCPE Paris, estimant aussi que l’éviction de Paul Raoult s’explique par « la demande d’évolution interne ». « L’ancienne direction s’appuyait peut-être trop sur un noyau dur de parents très militants et la base a souhaité un élargissement et plus de participation », a-t-elle poursuivi.

Selon M. Raoult, la FCPE risque malgré tout de subir le « contrecoup » de ces péripéties. « Il va falloir un temps de calage pour s’organiser », a-t-il reconnu.

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