Polytechnique: les élèves ne travaillant pas 10 ans pour l’Etat devront rembourser les frais de scolarité

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Les élèves de Polytechnique qui ne travailleront pas au moins dix ans pour l’Etat à l’issue de leur cursus devront rembourser leurs frais de scolarité, selon un décret publié samedi au Journal officiel.

Officiers sous contrat, les élèves de cette prestigieuse école militaire d’ingénieurs perçoivent dès leur intégration dans l’école une solde (473 euros par mois en 2014), en contrepartie de laquelle ils devaient s’engager, à l’origine, à travailler pendant dix ans dans un corps de l’Etat. A défaut, ils devaient rembourser une partie de cette solde, appelé la « pantoufle », estimée autour de 45.000 euros.

Le décret met un terme à un problème dénoncé depuis plusieurs années, par Polytechnique mais aussi par la Cour des comptes en 2012 et dans un rapport parlementaire de 2014: les anciens élèves qui avaient choisi de travailler pour l’Etat à l’issue de leur scolarité, mais pendant moins de dix ans, étaient tenus de rembourser ces frais de scolarité, alors que ceux qui choisissaient d’aller travailler dans le privé dès leur sortie d’école – la majorité des élèves – n’étaient plus obligés de le faire depuis une réforme de 2000.

Depuis 2000 en effet, les polytechniciens choisissant d’emblée le privé à la sortie peuvent suivre une formation complémentaire dispensée par un organisme agréé qui les exonère du coût de rachat de la scolarité.

Ainsi, un polytechnicien « menant carrière dans des institutions bancaires américaines est exonéré de remboursement », avait souligné dans un rapport en 2014 le député UMP François Cornut-Gentille, dénonçant une « dérive »: « 23% des diplômés de 2012 ont leur premier emploi à l’étranger » et seuls « 13% ont rejoint un corps de l’Etat ».

Chaque année « une trentaine d’élèves remboursent la +pantoufle+ », soit 10% des promotions, avait expliqué l’année dernière l’Ecole polytechnique à l’AFP.

En 2012, la Cour des comptes avait préconisé « le nécessaire rétablissement de la +pantoufle+ », qui représente « un manque à gagner d’au moins 300.000 euros ».

Malgré un avis défavorable du Conseil d’Etat rendu en février dernier sur cette réforme, le décret s’appliquera aux élèves et anciens élèves à compter de la promotion 2015.

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