Réforme du collège: parution du décret au Journal officiel

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Le décret ainsi que l’arrêté portant sur la réforme contestée du collège sont parus mercredi au Journal officiel, au lendemain d’une journée de grève et de manifestations face auxquelles l’Exécutif avait manifesté sa détermination.

Le Premier ministre, Manuel Valls, avait déclaré mardi que la réforme du collège serait « mise en oeuvre » et que le décret serait « publié le plus rapidement possible », en dépit de la contestation.

Le décret et l’arrêté relatifs « à l’organisation des enseignements au collège » prévoient comme prévu une entrée en vigueur de la réforme « à compter de la rentrée scolaire 2016 ».

La réforme prévoit de laisser chaque collège fixer 20% de son emploi du temps, avec de l’accompagnement personnalisé pour tous, de l’interdisciplinarité et une deuxième langue vivante (LV2) avancée en cinquième.

L’arrêté paru au JO détaille aussi les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), prévus à partir de la cinquième pour favoriser notamment le travail en groupe. Les huit thèmes d’EPI vont de la santé à la culture en passant par la transition écologique ou les langues anciennes. Les élèves en suivront deux par an et au moins six des huit thématiques entre la cinquième et la troisième.

L’un de ces EPI, portant sur les « langues et cultures de l’Antiquité » remplace les options latin et grec qui sont supprimées.

Au côté des enseignants de langues anciennes, les professeurs d’allemand ont aussi fait part de leur inquiétude: la discipline pâtira, selon eux, de la suppression des classes bilangues (deux langues étrangères dès la sixième, des classes suivies par 16% des élèves de sixième). La réforme propose à la place une deuxième langue pour tous en cinquième.

L’autonomie accrue accordée aux établissements et l’interdisciplinarité ont cristallisé la grogne des syndicats anti-réforme qui avaient appelé à la grève mardi.

Un gros quart des professeurs des collèges publics (27,61%) ont répondu à l’appel d’une intersyndicale de sept organisations, selon le ministère de l’Éducation, alors que le Snes, principal syndicat du secondaire, annonçait « plus de 50% » de participation.

La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a répété mardi que la réforme était « indispensable ». Elle a cependant assuré « entendre » les enseignants, en grève ou pas, et promis « des garanties » pour une bonne mise en oeuvre de la réforme dans les textes d’application.

Depuis Carcassonne, le président François Hollande a réaffirmé mardi la détermination de son gouvernement à mettre en oeuvre la réforme, tout en soulignant que les « observations » dont elle fait l’objet seraient prises en compte.

Depuis deux mois qu’a été présentée la réforme, le débat public a surtout été porté par les politiques ou les intellectuels avant que les enseignants ne donnent de la voix mardi.

Dans la presse de mercredi, de nombreux éditorialistes dénoncent l’attitude « inflexible » du gouvernement, estimant que la question mérite mieux qu’un « nouveau coup de menton » du Premier ministre.

La réforme ne passera pas devant le Parlement car son principe a déjà été voté, en 2013, dans le cadre de la loi de refondation de l’école.

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