Réforme du collège: le gouvernement « s’obstine dans l’erreur » et devrait « entendre les protestations »

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Le gouvernement « s’obstine dans l’erreur » et devrait « entendre les protestations » engendrées par la réforme contestée du collège présentée par Najat Vallaud-Belkacem, jugent mardi des éditorialistes alors que la ministre doit affronter une grève des enseignants.

« Quelles que soient les sensibilités, les protestations convergent : la réforme va contribuer au nivellement par le bas des élèves », assure Yves Thréard dans le Figaro. « N’en déplaise à Najat Vallaud-Belkacem, le débat ne relève pas d’un classique affrontement gauche droite. Encore moins d’on ne sait quelle guerre entre anciens et modernes. Ce n’est pas en détruisant ce qui tire les enfants vers le haut que l’on facilitera l’avenir des jeunes générations. Tout le monde en convient, sauf le gouvernement, qui s’obstine dans l’erreur », conclut-il.

A l’autre bout de l’échiquier politique,Patrick Apel-Muller dans l’Humanité, fustige un gouvernement « ligoté dans sa religion austéritaire » qui avance « une réforme qui mine l’unicité des programmes, réduit la place d’enseignements essentiels et s’envisage sans les moyens accrus qui permettraient d’échapper à la seule reproduction des élites. » « Rien ne sert d’insulter les intellectuels critiques quand on bute sur le fameux pont aux ânes », assène-t-il, assurant que la majorité des enseignants qui refusent la réforme n’ont rien en commun avec les partisans d’un ordre immuable et injuste. Ils savent la crise du collège, ils la vivent ! »

Cécile Cornudet analyse pour sa part dans Les Echos « comment le collège s’est mué en objet politique ». « Au fil des débats, la réforme du collège, qui voulait combattre +l’ennui+ des élèves, s’est gonflée d’ambition, jusqu’à promettre +l’excellence à tous+ », écrit-elle. « Le gouvernement peut-il dès lors gagner son pari ? Politiquement, peut-être. Mais, en termes éducatifs, c’est une autre histoire. La réforme semble aujourd’hui devenue bien faible au regard des ambitions affichées ».

Dans La Croix, Florence Couret ne cache pas son exaspération devant « le brouhaha des certitudes, le vacarme des invectives échangées depuis plusieurs semaines, de part et d’autre de l’échiquier politique » autour de cette réforme. « On aurait presque envie de crier +Silence, on ne s’entend plus!+, comme le font tant d’enseignants chaque jour pour ramener un semblant de calme dans la classe, s’exclame-t-elle.

C’est bien, selon Jean-Michel Servant (Le Midi Libre), « la fin de l’état de grâce pour Najat Vallaud- Belkacem » qui va vivre « un jour de bizutage », s’amuse Philippe Marcacci (L’Est Républicain) tandis qu’Hervé Chabaud (L’Union) coiffe impitoyablement les auteurs de la réforme d’un « bonnet d’âne ».

« La gauche n’arrive même plus à faire passer ses réformes, jusque dans des milieux qui lui sont pourtant favorables »,constate Raymond Couraud (l’Alsace), déplorant que « le chef de l’État et son équipe passent en force » sur cette question.

Pour Bruno Dive (Sud-Ouest), le gouvernement doit « entendre » les « protestations contre le risque d’un nivellement par le bas, contre les effets pervers d’une réforme qui risque de renforcer les inégalités…Et « mieux vaudrait », relève-t-il, « avant de s’attaquer au collège, que tous les élèves qui y entrent sachent au moins lire, écrire et compter, ce qui est loin d’être le cas. »

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