Le directeur de l’IUT de Saint-Denis se dit victime de nouvelles menaces

logo AFP

Le directeur de l’IUT de Saint-Denis, qui a dénoncé un scandale présumé d’heures de cours fictives et de dérive communautariste, affirme avoir reçu de nouvelles menaces de mort, ainsi que six autres membres du personnel, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

« De nouvelles menaces ont été proférées ce weekend contre moi ainsi que contre six autres personnes de l’IUT », a indiqué à l’AFP Samuel Mayol, qui dit faire l’objet depuis son arrivée à la tête de l’IUT début 2014 d’une campagne d’intimidation pour avoir dénoncé les pratiques régnant dans le département techniques de commercialisation, alors dirigé par Rachid Zouhhad, un maître de conférence en gestion.

Parmi les personnes menacées figurent une administrative, des enseignants ainsi que d’autres membres du personnel de l’IUT, a précisé une source proche du dossier.

De son côté, l’université de Paris XIII a indiqué à l’AFP avoir invité les personnes menacées à porter plainte et précisé avoir convoqué sa section disciplinaire, qui rendra courant juin son jugement concernant les faits qui sont reprochés à Rachid Zouhhad et à deux autres membres du département.

Dans un communiqué, elle a par ailleurs rappelé qu’elle s’était engagée à mettre en oeuvre « l’ensemble des recommandations » du rapport diligenté par l’Inspection générale de l’Éducation nationale qui sera rendu public prochainement.

Selon l’hebdomadaire Marianne, qui en a eu connaissance, pas moins de 4.800 heures indues ont été portées aux emplois du temps des enseignants entre 2012 et 2014, ajouté à d’autres anomalies, comme des absences régulières de professeurs, l’attribution de cours à du personnel non qualifié ou l’embauche de 23 vacataires sans signature préalable de contrat.

M. Mayol a aussi découvert qu’une association, L’Ouverture, cachait dans son local des tapis de prière et vendait, sans autorisation, des sandwichs halal.

Un rapport que M. Zouhhad, qui est membre du syndicat SupAutonome FO, a jugé « partial » et « truffé de préjugés » racistes et anti-syndicaux. Également mis en cause, Hamid Belakhdar, enseignant à l’IUT, a posté plusieurs messages sur Twitter dénonçant « l’islamophobie », « la complicité des médias » et « la chasse aux Arabes » à l’IUT.

Sur le plan judiciaire, une enquête ouverte il y a un an pour tenter de retrouver l’auteur des menaces et d’établir le lien entre ces faits présumés et les pratiques dénoncées par M. Mayol est toujours en cours.

Dans un communiqué, Lydia Guirous, secrétaire nationale UMP aux valeurs de la République et la laïcité, a accusé « Valls, Taubira et Vallaud-Belkacem d’abandonner l’IUT de Saint-Denis aux communautaristes ».

« On ne peut qu’être qu’abasourdi par le silence de Madame Vallaud-Belkacem pendant les longs mois d’angoisse traversés par cet enseignant. Son réveil tardif n’est d’ailleurs dû qu’à une opération de séduction auprès des enseignants avant de leur soumettre sa désastreuse réforme du collège », écrit-elle.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. ©2014 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Recherche dans les archives

Vous