Education: en France aussi, la Khan Academy séduit élèves et professeurs

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La version francophone de la Khan Academy, plateforme gratuite sur internet d’apprentissage des mathématiques et des sciences, revendique plus de 400.000 utilisateurs après quelques mois d’existence et séduit élèves et parents, mais aussi des professeurs.

Créée en 2008 par un Américain, Salman Khan, l’organisation à but non lucratif propose aux internautes des vidéos de quelques minutes et des exercices d’entraînement, principalement en mathématiques, physique/chimie et biologie.

Vidéos et exercices ont été adaptés par l’ONG Bibliothèque sans frontières (BSF), en fonction des programmes scolaires français et validés par un comité de professionnels de l’éducation et de l’édition scolaire, avec le soutien financier de la fondation Orange. La plateforme francophone a été lancée en septembre dernier et table sur 500.000 utilisateurs avant l’été.

Elle propose actuellement quelque 2.500 leçons (des vidéos de moins de 10 minutes autour d’un tableau noir avec un commentaire explicatif), accompagnées d’exercices. Elle s’enrichit cette semaine de programmes de révision pour le bac et le brevet, ont indiqué mercredi les représentants de BSF et de la fondation Orange lors d’une conférence de presse.

Conçus comme des outils d’aide aux élèves, les vidéos et exercices sont également utilisés par des professeurs.

Bénédicte Assogna, enseignante à l’école Saint-Louis à Bonnières-sur-Seine (Yvelines), s’en sert en classe de CM1 et constate que cet outil a permis de « dédramatiser les mathématiques chez les enfants anxieux ». Elle apprécie que le système conçu par Khan Academy « récompense la persévérance » des élèves. « Je l’utilise en complément, dans toutes les phases de l’apprentissage ».

Il y a dix ans, Salman Khan, diplomé du prestigieux Institut de Technologie du Massachusetts (MIT) et passionné de mathématiques, travaillait comme analyste dans un fonds d’investissement.

Il donne un coup de main à une jeune cousine qui a du mal avec ses devoirs, en utilisant le téléphone et Yahoo! Doodle (logiciel de messagerie informatique) comme bloc-notes. D’autres cousins le sollicitent. Il poste alors des vidéos sur YouTube et enregistre des dizaines de milliers de « vues » chaque mois. La réputation de ses « cours » grandit et plusieurs fondations, dont celle de Bill et Melinda Gates, ainsi que Google, le soutiennent financièrement.

Aujourd’hui, la Khan Academy affiche plus de 13 millions d’utilisateurs dans le monde, dont 500.000 enseignants.

La différence avec les MOOCS? Ces derniers sont des cours en ligne, souvent payants, que l’étudiant suit semaine après semaine jusqu’à un examen final. La Khan Academy commence par tester l’élève pour déterminer son niveau puis lui permet de progresser à son rythme, en lui proposant des exercices adaptés. Il fournit également des outils de suivi aux enseignants, pour chaque élève.

Avec le succès grandissant –Salman Khan, 38 ans, est une star aux Etats-Unis–, sont aussi venues les critiques. Dans un article du Washington Post en 2012, un enseignant lui reprochait d’être un « mauvais prof » et soulignait que les difficultés du système scolaire américain ne pourraient pas être résolues avec une tablette et un compte YouTube.

En filigrane se devine la crainte de certains professeurs d’être remplacés par quelques outils technologiques et un personnel moins qualifié et donc moins payé.

« Loin de remplacer les enseignants », la Khan Academy veut « mettre le numérique au service de l’éducation », affirme-t-elle. « Ca ne supprime pas le métier d’enseignant. Ca l’enrichit et le rend plus stimulant », renchérit en France Patrick Weil, historien et président de BSF.

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