Dotations : 50 universités et écoles soumises à un « effort de solidarité » budgétaire

Le gouvernement officialise ce vendredi une ponction de 100 millions d’euros sur les réserves d’une cinquantaine d’universités et écoles afin de boucler le financement des dotations 2015 de l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur.

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Une cinquantaine d’universités et écoles françaises devraient être contraintes de faire un “effort de solidaritébudgétaire. Selon l’AFP, le gouvernement officialise une ponction de 100 millions d’euros sur leurs réserves, afin de boucler le financement des dotations 2015 de l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur – dotations qui devraient leur être notifiées lundi 27 avril.

Selon le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, 11 universités sur 76, ainsi que 25 écoles d’ingénieurs sur 36 et une dizaine de grands établissements recevront une dotation moindre. Elles devront se serrer la ceinture, et puiser dans leurs réserves (fonds de roulement) pour s’autofinancer – permettant au gouvernement de réaliser deux milliards d’économies.

L’université d’Artois fournira 24 millions d’euros

“Ces écoles ont le tort de disposer de réserves financières plus importantes que les autres. Selon la Cour des comptes, cet excédent est même de l’ordre de 1,5 milliards d’euros et seulement 25% de ces fonds sont engagés dans des opérations d’investissement”, écrit Le Parisien. D’après le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, les projets d’investissement des établissements concernés ne seront pas affectés et leurs réserves dépasseront encore 65 jours de fonctionnement, là où 30 jours lui semblent suffisants.

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Selon un rapport de l’IGF (Inspection générale des finances) remis au gouvernement début avril 2015, sur un total de 1,4 milliard d’euros de fonds de roulement, “de 350 à 375 millions d’euros ne sont pas engagés dans des projets et sont donc mobilisables”, précise le ministère. Manière de montrer que l’Etat, qui n’en retient que 100, est resté mesuré.

Parmi les établissements concernés, l’université d’Artois, à Arras, fournira à elle seule un quart de la somme ponctionnée par le gouvernement – soit 24 millions d’euros. Dans la liste des universités devant faire un « effort de solidarité », figurent aussi l’université de Lille II (8,75 millions d’euros), Paris II (7,66 millions d’euros) et Grenoble II (6,68 millions d’euros).

Les universités en rogne

La colère gronde sur les campus. « Cela fait plusieurs mois qu’on sait qu’ils vont prélever 100 millions, on leur dit que c’est inepte. On ponctionne les universités les plus verteuses. Et l’année prochaine, c’est 300 millions qu’il va falloir trouver, on ne sait pas comment”, indique Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’université (CPU), à l’AFP.

Dans Le Monde, le président de l’université Lille II, Xavier Vandendriessche s’inquiète. “La solidarité, très bien, j’y suis très attaché. Mais j’y participe déjà à hauteur de 8 millions par an, somme qui devrait nous revenir, à en croire l’Etat lui-même, mais qu’il ne nous verse pas ! Par ailleurs, la solidarité ne devrait pas connaître de limites. D’accord pour partager l’argent, mais il faut aussi partager les postes… Il m’en manque 484, quand d’autres en ont 700 ou 800 en trop”, affirme-t-il.

Et d’interroger : “nous essayons d’être efficaces en utilisant le moins d’argent possible. Aujourd’hui, le plafond de la fac de médecine fuit et l’IUT de Roubaix s’effondre. Si on me prend mes fonds de roulement, comment je fais les réparations ?”.

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