Réforme du collège: « Il y a une ambition de développer l’allemand en France » (Vallaud-Belkacem)

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« Il y a une ambition de développer l’allemand en France », a affirmé mardi la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, récusant l’idée que la disparition des classes bilangues dans le cadre de la réforme du collège fasse disparaître cet enseignement.

La réforme du collège pour 2016 prévoit, parallèlement à l’avancement d’un an de l’apprentissage d’une seconde langue vivante (LV2) en cinquième, de supprimer les classes bilangues où actuellement 15,9% des collégiens apprennent deux langues dès la sixième. Cette perspective inquiète les enseignants d’allemand, préoccupation relayée par l’ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien professeur d’allemand.

« Non, l’enseignement de l’allemand ne va sûrement pas disparaître », a dit la ministre de l’Éducation nationale sur I-Télé.

Le constat sur l’état du collège « n’est pas terrible, nos collégiens sont de moins en moins bons à la sortie du collège » et leurs résultats sont « de plus en plus inégalitaires », a-t-elle souligné.

En langues, ils se situent « généralement tout en bas de la liste » dans les classements internationaux, a-t-elle relevé. « On s’est dit qu’on allait faire apprendre à tous les collégiens une seconde langue vivante plus tôt », en cinquième et non plus en quatrième.

« A partir du moment où on généralise cet apprentissage plus précoce de la langue vivante 2 pour tous les collégiens, oui, on met fin à des dispositifs dérogatoires, qui concernaient 15% », a-t-elle précisé.

Elle a concédé que les classes bilangues ou européennes « avec des dispositifs dérogatoires pour certains (…) font réussir davantage, c’est certain, mais est-ce que vous ne voulez pas repartir les moyens pour que tous soient tirés vers le haut ? », a-t-elle fait valoir.

« Est-ce que ça veut dire qu’on fait disparaître l’allemand ? Pas du tout, au contraire, il y aura plus de collégiens qui pratiqueront plus tôt leur langue vivante 2 », a-t-elle ajouté.

Elle a évoqué « une politique volontariste pour que l’allemand soit appris en langue vivante 1 », grâce à des jumelages entre écoles françaises et allemandes, rappelant qu’en 2016 l’apprentissage de la LV1 commencera en CP. De même, le nombre des postes aux concours de professeurs d’allemand augmentera.

« Cette langue, il nous faut la promouvoir, peut-être plus que les autres en France. Pourquoi? Parce que nous avons histoire commune, nous avons une envie de vivre ensemble avec les Allemands qui est évidente et qu’il faut porter ça à l’école », a-t-elle estimé.

L’ambassadrice allemande à Paris, Susanne Wasum-Rainer, qui a rencontré Mme Vallaud-Belkacem lundi soir, lui a dit son inquiétude que la suppression des classes bilangues et des sections européennes n’ait pour conséquence une forte baisse du nombre d’élèves étudiant l’allemand, a-t-elle expliqué à des journalistes mardi. Elle a dit redouter des conséquences négatives importantes pour des diplômes de langue allemande comme l’AbiBac (baccalauréat franco-allemand), les jumelages, l’université franco-allemande, les échanges scolaires et les programmes de l’office franco-allemand pour la jeunesse.

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