D’Col : une plateforme interactive de remédiation à l’entrée en 6e

La plateforme D'Col apporte un accompagnement personnalisé aux élèves de 6e en difficulté. Encadré par un professeur de son collège et par un enseignant du CNED, l’élève reprend confiance en lui.

Jérôme Dubreuil - Vidéo CNED

Une séance D’Col au collège Elizabeth et Robert Badinter, à La Couronne – Vidéo CNED / Jérôme Dubreuil

Le collège Elizabeth et Robert Badinter, à La Couronne (Charente), est l’un des premiers collèges à avoir utilisé la plateforme D’Col. Mis en place en septembre 2013 par le CNED (Centre national d’enseignement à distance) dans le cadre de la stratégie du ministère de l’Education Nationale sur “l’entrée de l’école dans l’ère du numérique”, ce dispositif est destiné à accompagner les élèves entrant au collège avec des lacunes en français, mathématiques ou anglais.

D’Col propose un double tutorat. D’un côté, l’accompagnement en présentiel, au collège, par un enseignant, deux heures par semaine, pendant toute l’année. De l’autre, l’utilisation en ligne, depuis l’école ou de chez soi, de ce site interactif de soutien scolaire, avec l’aide d’enseignants tuteurs du CNED.

Accompagnement et remédiation à l’entrée en 6e

Au collège Elizabeth et Robert Badinter, Claire Moins, enseignante de français, encadre (avec d’autres collègues) une trentaine d’élèves. Il ne s’agit pas de leurs propres élèves – la mission des tuteurs est d’aider ces derniers à s’approprier la plateforme. “Au départ, nous repérons les élèves ayant besoin d’une remédiation grâce aux professeurs des écoles (dans le cadre de la liaison école-collège), quand ils sont en CM2, et aux évaluations à l’entrée en 6e”, indique Claire Moins, tout en précisant que D’Col “est utilisé en complément d’autres dispositifs, plus classiques, de soutien scolaire”.

D’Col est destiné, pour l’instant, aux 30 000 élèves des établissements de l’éducation prioritaire. Pour que ceux-ci puissent utiliser la plateforme à l’école, des plages horaires sont aménagées dans leurs emplois du temps. “L’établissement met en place un vrai accompagnement personnalisé. Il s’agit d’heures dédiées à D’Col”, indique Jean-Michel Leclercq, directeur des partenariats stratégiques au CNED.

D'Col  - Vidéo CNED / Jérôme Dubreuil

D’Col – Vidéo CNED / Jérôme Dubreuil

Que ce soit dans la salle informatique du collège, accompagné par des enseignants, ou chez lui, depuis sa tablette, l’élève a accès, en se connectant à D’Col, à plus de 4000 ressources conçues par le CNED – des exercices ou des vidéos ludiques, couvrant le français, l’anglais ou les mathématiques, avec des niveaux gradués.

Les élèves sont autonomes lors de leur utilisation de D’Col – “nous sommes sont là pour les orienter, mais nous les laissons travailler par eux-mêmes”, indique Claire Moins. Les enseignants tuteurs peuvent leur recommander, à chaque connexion, une série d’exercices correspondant à leurs besoins du moment.

“Chaque semaine, via le cahier de texte électronique, ou à la cantine, j’échange avec les collègues professeurs des classes de 6e, au sujet de la progression de leurs élèves, afin de proposer à ces derniers des exercices au plus près des apprentissages et de leurs besoins”, explique Claire Moins.“Chaque élève dispose d’un tableau de bord lui indiquant, niveau par niveau, discipline par discipline, où il en est. L’enseignant tuteur a de son côté accès à ses résultats, pour chaque exercice, et peut ainsi affiner ses préconisations”, ajoute Jean-Michel Leclercq.

L’acquisition de l’autonomie

Tom, l'agent conversationnel intelligent de D'Col  - Vidéo CNED / Jérôme Dubreuil

Tom, l’agent conversationnel intelligent de D’Col – Vidéo CNED / Jérôme Dubreuil

En ligne, l’élève peut aussi bénéficier de “l’aide” d’un agent conversationnel intelligent, sous forme de tchat : Tom. “Cet avatar répond à ses questions, quand il ne comprend pas une notion par exemple. Il peut aussi lui proposer des exercices à faire, personnalisés, selon ce qu’il cherche”, explique Claire Moins. Au fur et à mesure des questions des élèves, la base de données de Tom, un arbre de connaissance alimenté par une équipe d’enseignants du CNED, s’enrichit, et propose des réponses plus pointues.

“Si Tom ne réussit pas à répondre à la question de l’élève, celui-ci peut demander à discuter avec un tuteur du CNED, par tchat – si nous sommes occupés ailleurs, ou s’il utilise D’Col à la maison”, explique Claire Moins, qui précise que dans ce cas de figure, il s’agit des “élèves les plus autonomes” – 4 ou 5 sur 30.

“Les enseignants nous ont confié que les élèves gagnent en autonomie et sont plus attentifs. Ils vont jusqu’au bout de ces exercices”, explique Jean-Michel Leclercq. Pas d’évaluation : les élèves ont des pourcentages de réussite. “S’ils échouent dans un exercice, ils peuvent le recommencer. Tout cela leur permet de reprendre confiance en eux”, indique-t-il.

Des parcours personnalisés

Une séance D'Col au collège Elizabeth et Robert Badinter, à La Couronne  - Vidéo CNED / Jérôme Dubreuil

Une séance D’Col au collège Elizabeth et Robert Badinter, à La Couronne – Vidéo CNED / Jérôme Dubreuil

A force d’utiliser D’Col, les élèves “gagnent en autonomie”, constate Claire Moins. “Ils reprennent confiance en eux, progressent par eux-mêmes, et se rendent comptent qu’ils peuvent y arriver”, remarque l’enseignante tutrice.

L’enseignante remarque au fil des séances que les élèves utilisant D’Col sont “plus à l’aise”. Ils vont même “au devant de certaines notions, pas encore vues en classe”. Ainsi, quand un point du cours est abordé, “ils trouvent leur place en classe, parce qu’ils ont déjà eu un aperçu de ce qui est vu”.

Une séance D'Col au collège Elizabeth et Robert Badinter, à La Couronne  - Vidéo CNED / Jérôme Dubreuil

Une séance D’Col au collège Elizabeth et Robert Badinter, à La Couronne – Vidéo CNED / Jérôme Dubreuil

Grâce au système de recommandations d’exercices, à l’avatar Tom et au système de double tutorat, D’Col permet de créer de véritables parcours personnalisés, selon le principe de la pédagogie différenciée – “sur chaque ordinateur, les exercices sont tous différents !”, lance Claire Moins.

“La plateforme permet aux élèves d’avancer à leur rythme, en parallèle de la classe, de revenir sur des trous, ou d’approfondir ce qui a déjà été vu”, ajoute-t-elle.

6 commentaires sur "D’Col : une plateforme interactive de remédiation à l’entrée en 6e"

  1. Loys Bonod  20 avril 2015 à 16 h 40 min

    Peut-on décemment accepter, dans l’école de la République, que le soutien aux élèves les plus fragiles des établissements les plus démunis soit assuré par une interface en ligne ?

    D’Col est non seulement un exemple de ce que le numérisme peut produire de plus irrationnel mais c’est également un scandale pour l’éducation prioritaire dans l’école républicaine.Signaler un abus

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  2. NJT  20 avril 2015 à 23 h 32 min

    Privatisation de l’enseignement ! Quand la réalité comptable écrase l’Humain…Signaler un abus

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    • lucie  27 avril 2015 à 14 h 01 min

      Le CNED est un organisme public dépendant de Education Nationale. Je ne vois pas où est la privatisation là-dedans…Signaler un abus

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      • NJT  29 avril 2015 à 11 h 01 min

        Fragmenter l’éducation permettra ensuite de mieux sous-traiter à des organismes privés mais aussi de privatiser une partie des actifs pour faire des rentrées d’argent. Actuellement, on est sur l’amorçage de ce processus 😉Signaler un abus

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  3. Cyber Prof  27 avril 2015 à 14 h 49 min

    La vraie question n’est pas l’opposition du présentiel corporel au numérique incorporel, ce dernier pouvant imiter et même dépasser par ses possibilités multimédias les performances d’un professeur (montage d’images et de sons, répétitivité, intelligence artificielle…), il s’agit de bien répartir les rôles, de définir correctement les cibles les plus appropriées et de proposer des contenus plus riches en explications que des exerciseurs.
    Pourquoi avoir à la fois un tuteur en classe et un tuteur à distance ?
    Pourquoi cibler avec le numérique les élèves les plus faibles à un âge où ils ne maîtrisent pas, compte-tenu de leurs faiblesses, les compétences fondamentales de compréhension de textes écrits ou oraux ?
    Pourquoi proposer seulement des exercices quand le Cned, il fut une époque (en 2010) était capable de produire des activités de remédiation par des animations multimédias interactives avec une voix humaine enregistrée expliquant progressivement les notions illustrées par des images et des textes mouvants (apparition progressive et décomposée) ?Signaler un abus

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  4. Glop  29 avril 2015 à 10 h 45 min

    Quand à imaginer encore aujourd’hui (malgré de nombreux rapports de chercheurs) que des exercices systématiques et segmentés puisse remédier à quoi que ce soit…..Signaler un abus

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