Lutte contre le racisme: un plan « outrageusement modeste » qui « ne fait pas l’union »

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Le plan gouvernemental de lutte contre l’antisémitisme et le racisme présenté vendredi parait « outrageusement modeste » face aux enjeux et « ne fait pas l’union », estime samedi la presse, appelant à ne pas négliger l’emploi et la « justice sociale » dans ce combat.

« Prise de conscience salutaire ou énième plan gadget pour lutter contre le racisme ? », s’interroge Libération sous le titre « Antiracisme: un plan Valls qui ne fait pas l’union ». Car, selon ce quotidien « les mesures annoncées par le Premier ministre divisent les associations ». En « délocalisant » les abus racistes et antisémites vers le droit pénal, le gouvernement souhaite les traiter comme n’importe quel délit de droit commun, explique-t-il. Or, « hormis la Licra, qui défend ce projet de longue date…, les juristes et associations s’inquiètent d’une justice expéditive ». Certains dénoncent par ailleurs des « discours politiques ambigus », alimentant racisme et antisémitisme, notamment sur les Roms ou la question du port du voile.

« Avec ses 100 millions d’euros sur trois ans, le renforcement de l’arsenal répressif et ses actions ciblées sur l’éducation, l’ensemble des 40 mesures du plan Valls peut sembler outrageusement modeste », assène pour sa part Dominique Garraud (La Charente Libre), relevant que « l’union sacrée est loin d’être au rendez-vous » dans ce combat entaché par une perpétuelle « course à l’échalote populiste ».

Dans l’Union, Sébastien Lacroix exhorte pour sa part le pouvoir à « expliquer » comment on dépense 100 millions d’euros pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme autrement qu’en faisant de la com’ et en subventionnant des associations amies déjà subventionnées ».

« Au pays des droits de l’Homme, la lutte contre l’antisémitisme et le racisme est une obligation morale », juge Patrice Chabanet (Le Journal de la Haute-Marne). « Mais l’exigence est une chose, l’application en est une autre ».

« Si le racisme et l’antisémitisme ont repris force et vigueur, c’est bien parce que les valeurs de la République et de la démocratie ont reculé et continuent de reculer, avec une société de plus en plus fragmentée », analyse-t-il. « La persistance de la crise économique, sur fond de chômage massif, n’a rien arrangé, en ouvrant un boulevard aux chasseurs de boucs émissaires ».

« Réformer le droit, cadrer le numérique, impliquer l’école est tentant contre la diffusion de la haine » mais « ce n’est pas suffisant » car « la rancoeur naît également de la crise », renchérit Didier Rose (Les Dernières Nouvelles d’Alsace). « Pour affaiblir l’idéologie qui alimente le rejet », le gouvernement doit « se battre pour l’emploi, la justice sociale, la solidarité. Pour l’urbanisation aussi ». « C’est plus long », raille-t-il, « que de lancer un plan à 100 millions ».

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