« Du petit commerçant au patron d’un grand groupe, témoigner dans les classes »

Philippe Hayat, écrivain et entrepreneur, a fondé l’association "100 000 entrepreneurs" et le mouvement "Entrepreneurs demain !". Objectif : encourager les jeunes à entreprendre.

Philippe Hayat

Philippe Hayat

Quel est le but de votre association 100 000 entrepreneurs  ?

Je suis entrepreneur depuis 20 ans et j’avais envie de partager mon expérience auprès des jeunes. En 2007, j’ai créé l’association 100 000 entrepreneurs qui permet à des entrepreneurs, du petit commerçant jusqu’au patron d’un grand groupe, de témoigner dans les classes, de la 3e jusqu’à bac +5, de leur expérience et de leur vécu. 5000 entrepreneurs et 5000 enseignants forment notre réseau dans toute la France. Grâce à eux, 250 000 jeunes ont déjà été sensibilisés.

Pourquoi avoir lancé ensuite le mouvement Entrepreneurs Demain  ?

En 2013, j’ai participé aux Assises de l’entrepreneuriat et mes recommandations ont été reprises par le gouvernement. Il a notamment été acté que tout jeune du secondaire doit avoir un parcours de sensibilisation à l’entreprenariat, depuis la 6e jusqu’à la terminale. Parallèlement, l’enseignement supérieur a décidé de fournir une formation à l’entreprenariat aux étudiants. Et le gouvernement a créé le statut d’étudiant entrepreneur. Du coup, il ne s’agissait plus de sensibiliser 6 millions de jeunes mais 9 millions. L’idée a donc été de fédérer dans un élan commun une quarantaine d’associations, dont 100 000 entrepreneurs, en créant la fédération Entrepreneurs Demain.

Vous venez de publier un essai, L’avenir à portée de main . Est-ce si difficile d’intéresser les jeunes à l’entrepreneuriat ? Quels sont les freins ?

C’est compliqué, pour au moins deux raisons. D’une part, ils méconnaissent le monde de l’entreprise, même si c’est un peu moins vrai dans les filières techniques et professionnelles au lycée. D’autre part, les jeunes sont inquiets de leur avenir et ils se disent, à juste titre, qu’ils auront du mal à trouver un emploi. Il y a néanmoins des raisons de rester optimistes, car les jeunes restent très curieux.

Quelles actions menez-vous dans les établissements scolaires ?

Le message adressé aux jeunes est le suivant : vous avez des envies et du talent, il faut vous en servir car le monde se révèle aux entreprenants. Nous proposons de multiples modules pédagogiques aux établissements volontaires. Cela passe par des témoignages d’entrepreneurs, l’accompagnement de groupes d’élèves dans la constitution d’une mini-entreprise tout au long de l’année, jusqu’au tutorat d’élèves qui portent un projet dans l’enseignement supérieur…

Les enseignants parlent-ils suffisamment bien du monde de l’entreprise à leurs élèves ?

Le problème c’est que l’école ne favorise pas la prise d’initiative de l’élève. Le système ne tolère pas l’échec : les bons élèves foncent tête baissée vers les diplômes, sans se poser la question de ce qu’ils veulent faire ensuite, tandis que les mauvais élèves sont orientés vers les voies professionnelles où il y a de la place. Entre les deux, on ne favorise pas l’éclosion de l’envie chez les élèves. On leur apprend à ne pas tolérer le risque et l’échec, alors qu’ils auront à réinventer leur métier dans un monde où l’emploi à vie n’existe plus. La prise d’initiatives, le travail en groupe, l’acceptation de l’échec pour mieux rebondir… Cette agilité est nécessaire et pourtant les élèves ne l’apprennent pas à l’école. Ce n’est pas forcément aux enseignants de parler du monde de l’entreprise, ils n’ont pas la formation et l’expérience pour le faire. C’est pourquoi nous faisons intervenir des entrepreneurs dans les établissements, afin qu’ils partagent leur vécu, en complément du contenu pédagogique de l’enseignant.

 

 

 

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