Agressions sexuelles sur mineurs : un ancien instituteur condamné à 2 ans de prison dont 15 mois avec sursis

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Un ancien instituteur de 60 ans a été condamné jeudi à Perpignan (Pyrénées Orientales) à deux ans de prison, dont 15 mois avec sursis, pour agressions sexuelles sur deux élèves de moins de dix ans, après une carrière émaillée d’alertes et de mises à pieds, a constaté une correspondante de l’AFP.

L’accusé a été reconnu coupable pour des agressions sexuelles contre deux enfants, mais il a été relaxé pour un troisième, handicapé. Outre ses deux ans de prison dont 15 mois avec sursis et mise à l’épreuve, il a « l’obligation de soins pour son addiction à l’alcoolisme avec un traitement psychologique ».

Le tribunal a également prononcé contre lui une interdiction définitive d’exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs.

Le procureur avait requis exactement la même peine le 2 avril dernier.

Les deux victimes ont reçu chacune 1000 euros de dommages et intérêts et leur quatre parents 500 euros chacun.

Le 2 avril, le président du tribunal avait déclaré à l’audience: « On n’est pas là pour juger l’Éducation nationale, même si les rapports montrent depuis 1996 que tout le monde savait qu’il avait des soucis d’alcoolisation et de comportement avec les enfants ».

« Il manque de responsables à la barre de ce tribunal. L’Éducation nationale était au courant et n’a rien fait », avait lancé un des avocats des familles, partie civile, Me Ramounet Valls.

Car si le casier judiciaire de l’enseignant ne portait aucune condamnation, ses difficultés comme enseignant avaient été signalées à l’inspection académique. Il avait également écopé d’une mise à pied après un signalement du procureur relatif à une plainte pour attouchements, dans le dortoir de jeunes filles d’un établissement où il était veilleur de nuit.

Lorsqu’il avait été placé en garde à vue en 2011, l’enseignant avait reconnu les faits relatés par deux élèves de CP d’une école primaire de Perpignan.

Les enfants avaient raconté que le maître avait l’habitude de mettre sa main dans leur pantalon. L’enseignant les prenait sur ses genoux pour les faire dessiner et avait instauré un jeu selon lequel si l’enfant répondait « oui », il lui donnait « un bisou » et, s’il disait « non », il lui « pinçait le zizi ».

L’instituteur avait expliqué aux enquêteurs avoir eu des gestes déplacés avec un autre garçon, déficient mental, sept ans plus tôt, dans un établissement pour enfants handicapés.

Les ministères de la Justice et de l’Éducation mènent actuellement une double enquête administrative sur des « dysfonctionnements » mis en évidence dans deux récentes affaires: un directeur d’école de Villefontaine (Isère) mis en examen pour viols de onze élèves et un professeur de sport d’un collège d’Orgères poursuivi pour agression sexuelle « dans le contexte familial », alors que tous deux avaient déjà été condamnés pour détention d’images pédopornographiques.

Ces trois dernières années, 57 membres de l’Éducation nationale ont été révoqués pour agissements pédophiles ou détention d’images pédopornographiques, après signalement de la Justice aux services éducatifs, dont 14 en 2014.

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