Réforme du collège: des profs inquiets pour le latin et le grec

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Plusieurs associations de professeurs de langues anciennes et de lettres ont dénoncé mercredi le projet de réforme du collège pour 2016 dans lequel ils voient une future disparition de l’enseignement du latin et du grec ancien.

Actuellement, le latin peut être choisi en option (2 heures par semaine en 5e, puis 3 heures en 4e et 3e) tout comme le grec (3 heures en 3e).

Le volume de ces enseignements est « inscrit dans les grilles horaires », a souligné François Martin, vice-président de la Coordination nationale des associations régionales des enseignants de langues anciennes (Cnarela), lors d’une conférence de presse organisée à la Sorbonne avec plusieurs autres associations de défense de l’enseignement des lettres et des langues anciennes.

Entre l’annonce du projet de réforme par Najat Vallaud-Belkacem le 11 mars et les négociations avec les syndicats achevées la semaine dernière, la place des langues anciennes a évolué, sur fond de campagne pour leur défense lancée par des enseignants.

Le 24 mars, Najat Vallaud-Belkacem a assuré que l’enseignement du latin et du grec ancien serait « préservé », lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

La dernière mouture connue du projet de réforme du collège prévoit, outre des éléments de langue ancienne dans les futurs programmes de français, qu’un des huit thèmes possibles pour les nouveaux Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) soit consacré aux Langues et cultures de l’Antiquité (LCA), ainsi qu’un « enseignement de complément » (une heure en 5e, puis deux heures en 3e et en 4e), sans « aucune dotation spécifique » selon les associations de professeurs qui demandent « que les langues anciennes soient fléchées ».

M. Martin a critiqué « le flou le plus absolu dans les EPI » et s’est inquiété de l’absence de mention explicite du grec ancien.

« Qui dit qu’un chef d’établissement choisira l’EPI Langues et culture de l’Antiquité ? », a-t-il fait valoir. « Si vous n’avez pas l’EPI, vous n’avez pas l’enseignement complémentaire », a-t-il estimé. Les organisateurs de la conférence ont refuté que les langues anciennes constituent un enseignement élitiste et estimé que la réforme était de nature à favoriser les inégalités entre des collèges qui les proposeraient et les autres.

Le projet de réforme du collège doit être soumis vendredi pour vote consultatif au Conseil supérieur de l’éducation (CSE), qui réunit les représentants de la communauté éducative.

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