Réforme du collège : les négociations syndicats-gouvernement dans l’impasse

Les syndicats FO (SNLC), FSU (SNES), CGT et SNALC ont quitté la table des discussions, concernant la réforme du collège. Les organisations protestent contre un délai de négociation trop court et un texte mal ficelé.

collégiens

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Les négociations autour de la réforme du collège dans une impasse ? Mardi 31 mars, les syndicats FO (SNLC), FSU (SNES), CGT et SNALC se sont retirés des discussions avec le gouvernement. Les organisations protestent contre un délai de négociation trop court et un texte mal ficelé. Seuls les syndicats SE-Unsa et Sgen-CFDT soutiennent la réforme, qui devra passer devant le Conseil supérieur de l’Education le 10 avril.

Le SNES vent debout contre la réforme

Dans une lettre ouverte envoyée à Najat Vallaud-Belkacem, le SNES critique le choix, « jamais vu dans l’histoire du système éducatif français », d’une « réforme bouclée en 3 semaines, sans consultation directe. »

Le syndicat « prend acte » de l’annonce « du maintien de la structuration disciplinaire des enseignements et de l’augmentation (sur le cycle 4) de l’horaire professeur ». Mais pour le SNES, le projet du gouvernement est fondé sur deux principes « qui mériteraient un débat » : l’autonomie des établissements et l’interdisciplinarité.

cours de collège

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L’organisation indique « ne pas pouvoir accepter la mise en place de hiérarchies intermédiaires dans les établissements et la mise sous tutelle du chef d’établissement », à travers « la multiplication de conseils divers, la normalisation des pratiques et la vérification tatillonne de l’accomplissement des missions ».

Interdisciplinarité : « des affichages politiques »

Selon le SNES, « les enseignants refusent une gouvernance qui pousse les établissements à différencier leurs objectifs selon leur recrutement et les pressions sociales. » Le syndicat demande « qu’aucun horaire disciplinaire ne soit globalisé, que soient rétablis dans les grilles horaires les dédoublements existant dans les disciplines expérimentales et en technologie, que les enseignements de langues anciennes soient financés, et qu’une réflexion soit ouverte sur l’enseignement des langues vivantes au collège et au lycée. »

Concernant les enseignements interdisciplinaires, le SNES les décrit comme « des affichages politiques ». L’’organisation demande à Najat Vallaud-Belkacem de « laisser se développer les formes d’interdisciplinarité en donnant aux enseignants les outils dans les programmes, comme le Conseil supérieur des programmes se proposait de le faire en repérant des ‘objets riches’ et en octroyant du temps de concertation. »

enseignant collège

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Le chef d’établissement, « pas un monstre »

Pour l’entourage de Najat Vallaud-Belkacem, qui s’est confié à l’AEF, « le SNES se trompe, en véhiculant l’image dépassée selon laquelle le chef d’établissement est un monstre, et en présentant les 20 % d’autonomie comme rédhibitoires, alors qu’il était d’accord sur ce principe… ».

Quant à la durée des discussions, « elles ont commencé en janvier, soit trois mois et demi de discussion », constate l’entourage de la ministre, pour qui « poursuivre serait renoncer à faire la consultation des enseignants sur les programmes ».

Pour les proches de Najat Vallaud-Belkacem, « le Snes a une aversion pour les chefs d’établissement et n’admet pas que le principe d’autonomie signifie autonomie d’une équipe. Il voudrait que chaque professeur ait tout son contenu défini depuis Paris et rien localement. Or les 2,75 heures en 2016 puis 3 heures professeur en 2017 représentent 55 heures puis 60 heures qui permettront, selon les besoins, de dédoubler des classes ». Et d’ajouter : « qui d’autre que l’établissement peut prétendre être le mieux placé pour savoir quels niveaux seront les plus nécessiteux d’un dédoublement ? Ce n’est pas depuis Paris que nous allons le savoir ! »

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