Pédophilie: le rectorat de Rennes suspend un professeur de sport condamné en 2006

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Le rectorat de Rennes a annoncé mardi la suspension immédiate d’un professeur d’éducation physique et sportive d’un collège d’Ille-et-Vilaine, mis en examen pour agression sexuelle sur mineur, dans un contexte familial.

Ce professeur avait en outre été condamné en 2006 pour détention de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique.

Cette affaire intervient après l’annonce par la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, du lancement d’une procédure de révocation du directeur d’une école primaire de Villefontaine, près de Lyon, écroué depuis la semaine dernière pour viols et agressions sexuelles sur plusieurs de ses élèves.

Depuis, des langues se délient en France. « Nous prenons très au sérieux les quelques cas qui nous ont été remontés » et chaque signalement sur une éventuelle condamnation passée est vérifié auprès de la Chancellerie, assure-t-on dans l’entourage de la ministre.

A Rennes, le rectorat a précisé dans un communiqué que la mesure de suspension du professeur d’EPS a été prise après que le procureur de la République de Rennes eut porté cette condamnation et la procédure en cours à sa connaissance, en application de la récente circulaire du 11 mars 2015. Celle-ci rappelle la nécessaire transmission par les procureurs des condamnations et procédures pénales d’un fonctionnaire à son administration.

Outre sa condamnation passée, le professeur fait également « l’objet d’une mise en examen, actuellement en cours, pour agression sexuelle sur mineur de 15 ans, dans un contexte familial ».

« Ce dossier toujours en cours d’instruction porte sur des faits qui auraient été commis entre 2003 et 2011, dans la sphère familiale, et sont donc sans rapport avec l’exercice de sa profession », a précisé mardi soir le parquet de Rennes dans un communiqué. « Les agressions sont contestées par le mis en cause », a-t-on précisé de même source.

Lors d’un point de presse au rectorat, l’inspecteur d’académie Jean-Yves Bessol a précisé que le professeur enseignait au collège d’Orgères, qui accueille 600 à 700 élèves dans cette commune à une quinzaine de kilomètres de Rennes. L’établissement, moderne, était désert mardi soir, a constaté un photographe de l’AFP.

– « l’Éducation nationale ne savait rien » –

M. Bessol a souligné qu’en l’état, rien ne permettait de conclure que des élèves aient pu être agressés par l’enseignant.

« Nous n’avons pas d’éléments tangibles, de remontées ou d’alertes du collège ou de parents d’élèves qui laisseraient à penser qu’il y ait eu quoi que ce soit dans l’établissement », a-t-il déclaré, soulignant qu’à sa connaissance, il n’y avait pas de plainte de familles.

L’enseignant était en arrêt maladie depuis lundi. Sa suspension lui a été signifiée par courrier avec accusé de réception « et il a été joint par les services du rectorat », a précisé M. Bessol, selon lequel les parents d’élèves ont été informés, via internet.

Il a souligné que la suspension était provisoire, dans l’attente d’une éventuelle condamnation du suspect dans l’affaire d’agression familiale.

M. Bessol a aussi assuré que « l’Éducation nationale ne savait rien » au sujet de la condamnation pour possession d’image pédophile remontant à 2006.

« Rien dans le dossier du professeur ne permettait de savoir qu’il y avait déjà eu condamnation », a-t-il déclaré. « Il n’y a pas eu de demande de mise à l’écart et de ne pas mettre en contact l’intéressé et des mineurs », a-t-il rapporté.

Quant à l’agression sexuelle dont est soupçonné l’enseignant, « nous savions qu’il y avait une instruction en cours », « sans que nous sachions précisément de quoi il s’agissait ».

« En amont du week-end, il y a eu une demande du recteur (sur l’instruction) auprès du procureur de la République », enclenchant la procédure de suspension.

M. Bessol a rencontré mardi les enseignants du collège Andrée Récipon d’Orgères dans la journée. « Ils sont un peu consternés », mais « ils apprécient qu’il y ait de l’accompagnement et des mesures prises », a-t-il rapporté. Une « cellule d’écoute » est prête à être mise en place dès ce soir en cas de besoin, a précisé l’inspecteur.

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