Etudiants en ESPE : ils veulent devenir profs d’EPS

Avec 800 postes offerts au concours externe du CAPEPS en 2015 et près de 3500 inscrits, l’intérêt pour devenir professeur d’EPS ne se dément pas. Trois étudiants en ESPE expliquent leur choix.

Cours EPS © Robert Kneschke - Fotolia

Cours EPS © Robert Kneschke – Fotolia

« L’EPS est essentielle dans l’apprentissage du vivre ensemble »

Thomas, 27 ans, en première année de MEEF EPS en région parisienne.

« Après une licence STAPS et un diplôme universitaire de préparation physique, j’ai enseigné l’EPS, pendant deux ans, auprès d’élèves handicapés dans un institut spécialisé. Comme le nombre de postes au CAPEPS a progressé, je me suis dit que c’était le moment de reprendre mes études pour enseigner dans le second degré. En ce qui me concerne, enseigner l’EPS est une vocation. Passionné par le handball, j’entraîne des équipes jeunes depuis mes 16 ans. J’ai ainsi pu vérifier mon désir de transmettre mes connaissances à des plus jeunes. En plus des cours de MEEF, je consacre environ 3h par jour à la préparation du concours. Je regrette que l’EPS occupe une place minoritaire dans le système scolaire. Je ne mets pas la discipline au même niveau que les savoirs fondamentaux mais elle joue un rôle essentiel, surtout dans le contexte actuel, en ce qui concerne l’apprentissage du vivre-ensemble, des règles d’hygiène de vie, de prévention de l’obésité, etc. Les profs d’EPS connaissent d’ailleurs souvent très bien leurs élèves car ils les ont dans des situations différentes des autres disciplines. C’est un avantage ! »

« La crainte de la routine »

Chloé, 21 ans, en première année de MEEF EPS en région parisienne.

« Après le bac, j’ai suivi une licence STAPS sans idée arrêtée de mon futur métier. Mais je ne voulais pas rester assise derrière un écran toute la journée. En licence, pour ne me fermer aucune porte, j’ai effectué mes stages auprès de publics différents : des personnes âgées, des sportifs en salles de fitness, et des lycéens. Mon bon contact avec les jeunes a confirmé mon désir de devenir prof d’EPS. Certains aspects du métier me font toutefois hésiter encore un peu, notamment la crainte de tomber dans une routine. Qui me dit qu’au bout de 20 ans, je n’en aurais pas assez ? J’appréhende aussi d’être envoyée dans un établissement difficile : cela peut très bien se passer, comme ça peut aussi dégoûter d’être prof. Pour le moment, je me consacre à la préparation du CAPEPS. Et, alors que je n’ai jamais eu de difficultés scolaires jusque-là – j’ai d’ailleurs déjà validé mon premier semestre – j’appréhende pour le concours : on nous demande des connaissances très poussées, cela nécessite un travail personnel très important et des concessions. Personnellement, j’ai dû réduire ma pratique sportive, à contrecœur. »

« J’ai vraiment hâte d’enseigner ! »

Najette, 24 ans, en première année de MEEF EPS en Bourgogne.

« J’ai toujours aimé l’école, particulièrement les cours d’EPS. Ce qui me motive, c’est la perspective de contribuer à l’éducation des élèves. Tous les stages que j’ai effectués au sein d’établissements scolaires m’ont beaucoup plu : j’adore le sport, le contact avec les enfants et les adolescents. J’ai vraiment hâte d’enseigner ! Ma seule crainte, c’est de risquer de mettre en danger physique les élèves : un accident est vite arrivé en cours d’EPS. Les stéréotypes m’agacent, notamment celui du prof d’EPS qui ne ferait que du sport et rien d’autre. Lors de mes stages, j’ai pu me rendre compte de la réalité et du temps nécessaire à la préparation d’une séance : organisation de l’espace, matériel utilisé, objectif de l’exercice… Rien ne doit être laissé au hasard ! Certains de mes amis sont parfois surpris quand je leur dis qu’un professeur d’EPS doit avoir un bac+5 pour enseigner. C’est dire si le métier a besoin de reconnaissance ! »

Comment devenir professeur d’EPS ?

Julien Salliot, responsable du master MEEF-EPS à Nantes

Pour accéder au concours du Certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive (CAPEPS), il faut obtenir une Licence Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS). « La grande majorité des étudiants qui veulent passer le CAPEPS ont une licence STAPS spécialité éducation et motricité avec, et c’est une spécificité, une demi-journée de stage de pratique accompagnée en établissement par semaine sur la moitié de l’année », précise Julien Salliot, responsable du master MEEF-EPS à Nantes. Le CAPEPS se prépare en première année de Master MEEF au sein d’une ESPE. Il comprend deux épreuves écrites d’admissibilité : une dissertation sur les fondements socio-historiques et épistémologiques de l’éducation physique et des activités physiques, sportives et artistiques ; et une dissertation ou une étude de cas sur l’enseignement de l’EPS, visant à évaluer les connaissances scientifiques et professionnelles du candidat. Les candidats admissibles doivent ensuite passer deux oraux d’admission et une épreuve pratique reposant sur trois prestations physiques.

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