Poitiers: le prof de philo un temps soupçonné « d’apologie du terrorisme » muté à 80 km

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Un professeur de philosophie de Poitiers, mis à pied en janvier après avoir été soupçonné d’apologie du terrorisme en classe, a été sanctionné vendredi par son rectorat, qui l’a muté d’office dans le département voisin des Deux-Sèvres, a-t-il annoncé.

Jean-François Chazerans, 55 ans, a indiqué à l’AFP avoir reçu par courrier notification de sa sanction, qui fait suite à son audition de quatre heures, mi mars, par la commission disciplinaire du rectorat.

« Je suis atterré, profondément affecté. C’est de l’acharnement », a déclaré l’enseignant, qui fait l’objet d’un « déplacement d’office » sur la zone de remplacement des Deux-Sèvres, rattaché à un lycée de Thouars, à « quelque 80 km de chez moi », a-t-il indiqué.

Le rectorat de Poitiers a confirmé que la sanction avait été notifiée vendredi, mais que sa nature demeurait confidentielle, entre le rectorat et l’enseignant.

Le 8 janvier, au lendemain des attentats à Paris, M. Chazerans, enseignant au lycée Victor-Hugo de Poitiers, avait accepté à la demande de certains élèves de terminale d’animer un débat sur les attentats. Par la suite, des parents d’élèves s’étaient plaints au rectorat de la façon dont il avait orienté le débat, et des opinions personnelles qu’il aurait alors exprimé, notamment à propos de militaires français engagés dans des opérations extérieures.

Le parquet, saisi, avait classé l’affaire, estimant que certains propos tenus par l’enseignant pouvaient paraître « inadaptés, déplacés et choquants » au vu du contexte, mais en aucun cas constitutifs « d’apologie du terrorisme ».

L’enseignant avait ensuite été entendu par la commission de discipline du rectorat, en vue d’une décision par le recteur, et redoutait surtout d’être sanctionné « pour l’ensemble de son oeuvre », en référence à son profil connu d’enseignant engagé, exprimant régulièrement ses opinions personnelle en cours.

M. Chazerans avait reçu le soutien d’élèves, de collègues, d’organisations d’extrême gauche, et d’associations comme Droit au Logement (DAL), dont il est militant.

Il a indiqué vendredi qu’il allait étudier avec son avocat les recours possibles, notamment au tribunal administratif, mais s’est dit résolu à « aller jusqu’au bout » pour contester ce qu’il vit « comme une injustice ».

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