Maximilian Janisch, 11 ans : « j’étudie aujourd’hui les maths à l’université »

Maximilian Janisch est un enfant précoce. A 9 ans, il décroche la Matura -le baccalauréat suisse- avec la note maximale en mathématiques. Aujourd’hui âgé de 11 ans, il raconte sa vie de "petit prodige" dans un livre.

Maximilian Janisch

Maximilian Janisch, Meierskappel 2013 © Adrian Betscher, Schweizer Illustrierte

Pourquoi aimes-tu autant les mathématiques  ?

On me pose souvent la question, en écarquillant les yeux. Tout me paraît pourtant très normal ! Ce que j’aime dans les maths, c’est le fait qu’il existe des chemins différents pour prouver une même vérité ou démontrer un théorème. Je considère cette discipline comme un art à part entière, grâce auquel il est possible de mener des démonstrations élégantes.

Quel rôle a joué ton environnement familial dans cette passion ?

Un rôle moteur ! Monika, ma mère (docteur en économie et chef d’une entreprise de fabrication de lunettes), est assez forte en mathématiques, mais pas autant que mon père, Thomas (professeur retraité de mathématiques à l’université). C’est lui qui a vraiment décelé mon talent et m’a permis de le développer. J’ai commencé à apprendre les maths avec mon père à l’âge de 7 ans, d’abord 20 minutes puis progressivement jusqu’à 50 minutes par jour, comme c’est le cas aujourd’hui.

Dans ton livre, tu dénonces le système scolaire suisse, inadapté aux élèves « précoces ». Pourquoi estimes-tu avoir été « déconsidéré » ?

J’aurais aimé plus de soutien du système scolaire ! Je suis conscient que l’école doit s’adapter aux enfants normaux qui constituent la majorité des élèves. Mais j’estime que les différences de chacun devraient être mieux prises en compte. Quand on apprenait à compter jusqu’à 10, je savais déjà compter jusqu’à 100. Quand c’était jusqu’à 100, j’étais déjà à 1000… Je me suis beaucoup ennuyé à l’école ! Je suis convaincu que rien n’aurait changé si ma famille et moi ne nous étions pas battus. L’école ne voulait pas voir les choses en face. J’ai finalement eu la possibilité de sauter trois classes. Et aujourd’hui, je me sens à ma place : comme je suis fort en maths, j’étudie cette discipline à l’université. Mais pour les autres matières, où j’ai un niveau normal, je continue à aller au collège.

Comment se déroule ton parcours universitaire ? Comment te considèrent les autres étudiants ?

A l’université, je vois peu d’étudiants : comme je n’ai pas 16 ans, je suis des cours particuliers avec un professeur qui a accepté d’aménager un emploi du temps spécifique. En revanche, pour les autres matières, je me rends au collège et je suis traité exactement comme les autres élèves. J’ai juste un emploi du temps allégé d’un peu plus d’1h par jour environ, avec une dispense des cours de maths, des heures d’étude et partiellement du sport pour pouvoir aller à l’université.

Ta passion ne risque-t-elle pas de t’isoler ? As-tu des loisirs ?

Oui, j’ai une vie en dehors des maths ! Cette gymnastique de l’esprit ne me prend qu’une heure pas jour, ce qui est largement suffisant. En parallèle, je pratique le tambour, le judo et j’aime les jeux vidéos, en particulier la programmation. Le plus important pour ne pas s’isoler, c’est justement d’avoir d’autres centres d’intérêt que les mathématiques, sinon ce serait ennuyeux.

En France, les mathématiques souffrent d’un déficit d’image, elles ont la réputation d’être difficiles. Comment faire aimer les maths ?

Il y a des gens qui aiment la musique, d’autres la natation… Pour les mathématiques, c’est pareil, il n’y a pas de recette toute faite ! De la même manière, on n’apprend pas à devenir un génie des maths. Sans talent, il est inutile de travailler 8 heures par jour, sauf pour s’améliorer et avoir le niveau pour passer des examens par exemple.

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