Retour en arrière : aux États-Unis, les classes non-mixtes ont la cote

En France, l'égalité filles-garçons à l'école est au cœur des débats. Aux Etats-Unis aussi, où de plus en plus d'écoles publiques séparent les filles et les garçons. Un "retour des préjugés et des stéréotypes", pour les sociologues américains.

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back to school. picture of classmates. children in classroom © LiliGraphie – Fotolia

Alors que l’égalité filles-garçons dans l’éducation fait l’objet d’études de plus en plus nombreuses, telle que celle de l’OCDE, de plus en plus de classes américaines deviennent unisexes.

En Floride, à la Charles Drew Elementary School de Fort Lauderdale, un quart des classes sont séparées, entre filles et garçons, « suivant la théorie que les différences entre les garçons et les filles peuvent affecter la façon dont ils apprennent et se comportent », explique le New York Times. Ce phénomène se répand, et se retrouve dans de nombreuses écoles publiques, jusqu’à Chicago, New-York ou Philadelphie.

Selon le ministère américain de l’Éducation, il y aurait environ 750 écoles publiques avec au moins une classe non mixte, et 850 entièrement non mixtes (contre 34 en 2004).

« Une division par sexe qui renforce les stéréotypes »

Les sociologues et psychologues ne cachent pas leur hostilité à cette tendance. « On dit qu’il y a un problème avec le sexisme mais au lieu de le combattre, on supprime un sexe », lance ainsi Rebecca Bigler, psychologue à l’Université du Texas, pour qui la division par sexe des enfants ne peut que « renforcer les préjugés et les stéréotypes ». L’Union Américaine pour les Libertés Civiles (ACLU) a de son côté porté plainte contre plusieurs écoles de Floride, du Texas, de l’Idaho et du Wisconsin, pour « violation des droits civiques ».

Les partisans des classes non-mixtes « citent souvent les difficultés des garçons, qui sont à la traine derrière les filles aux tests nationaux de compréhension de lecture, et qui sont plus susceptibles de faire face à des problèmes de discipline et d’abandonner l’école », note le New-York Times. Selon le quotidien américain, « les professeurs font aussi valoir que les filles sont moins fortes en sciences que les garçons et gagneraient à se retrouver entre elles. »  Les responsables d’établissement utilisent un autre argument : « ils disent que les enfants peuvent être facilement distraits par le sexe opposé ».

Interpellée, l’administration Obama a annoncé qu’elle surveillerait de près les écoles concernées, notamment celles poursuivies par l’ACLU. Les établissements comptant des classes unisexes dans leurs rangs devront prouver que « la non-mixité améliore leurs résultats ». Les familles devront, de leur côté, avoir le choix, et pouvoir choisir d’envoyer leur enfant dans une classe mixte, ou non mixte.

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