Les écrivains écrivent « à ceux qui oublient qu’il faut des auteurs pour faire des livres »

En marge du Salon du Livre de Paris, le Conseil permanent des écrivains appelle à une marche pour dénoncer "des revenus à la baisse, des réformes sociales préoccupantes, et un droit d’auteur fragilisé par la politique européenne, qui mettent les auteurs en danger".

Livres © Africa Studio - fotolia.com

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Du 20 au 23 mars 2015, le 35e Salon du Livre de Paris permettra aux visiteurs de rencontrer leurs auteurs préférés – français ou étrangers. En marge de l’événement, 120 écrivains ont signé la pétition « A ceux qui oublient qu’il faut des auteurs pour faire des livres », créée par le Conseil permanent des écrivains (CPE). Une manifestation sera organisée, le samedi 21 mars, à 15h, au Salon.

Dans une lettre ouverte, rendue publique mardi 17 mars, le CPE dénonce « des revenus à la baisse, des réformes sociales préoccupantes, un droit d’auteur fragilisé par la politique européenne, qui mettent clairement les auteurs de livres en danger, et à travers eux, la création éditoriale, dans sa liberté et dans sa diversité. »

« 1 euro par livre vendu, le prix d’une baguette »

« Ni salarié, ni travailleur indépendant, non seulement l’auteur est souvent payé plusieurs années après avoir commencé à écrire, non seulement il ne perçoit ses droits qu’une fois par an, mais en plus, sur l’œuvre qu’il a créée, il reçoit, dans la répartition de la chaîne éditoriale, la part la plus maigre, ceci dans un manque avéré de transparence », indique le CPE. Et d’ajouter : « la moyenne des droits perçus par l’auteur est d’1 € par livre vendu, à peine le prix d’une baguette ».

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Selon le communiqué du Conseil permanent des écrivains, « l’auteur est souvent payé plusieurs années après avoir commencé à écrire ». Parmi les signataires de la pétition figurent Sorj Chalandon, Philippe Claudel, David Foenkinos, Sylvie Germain, Maylis de Kerangal, Pierre Lemaitre, Jean-Claude Mourlevat et Joann Sfar.

Les grands acteurs d’Internet « irresponsables » face au piratage

Les écrivains s’inquiètent aussi de la protection sociale. « Il importe qu’une réforme d’ensemble des cotisations sociales n’aboutisse pas à une baisse des revenus. Ainsi, la mise en œuvre de la réforme du RAAP devrait se faire progressivement. De même, d’autres pistes de financement pour la protection sociale des auteurs de livres doivent être envisagées et étudiées : augmentation de la participation des éditeurs, prélèvement sur les ventes relatives au domaine public du livre et sur le marché du livre d’occasion », écrit le CPE.

L’organisation s’inquiète enfin des objectifs de l’Europe, « incompatibles avec les spécificités économiques et culturelles de chaque pays », de l’absence « de responsabilité des grands acteurs d’internet face au développement du piratage des livres », et de la hausse du taux de TVA sur le livre numérique, « de 5,5% à 20% », qui pourrait avoir « des conséquences néfastes pour les lecteurs comme pour les auteurs. »

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