Ressources éducatives libres : un “changement de paradigme” pour l’université ?

Pour Tony Bates, consultant canadien en e-learning, les ressources éducatives libres (OER) pourraient “changer radicalement” la façon d’enseigner et d’apprendre.

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université © davis

Les ressources éducatives libres (ou OER, pour “Open Educational Ressources), un changement de paradigme pour l’enseignement supérieur ? Pour Tony Bates, consultant canadien en e-learning, la réponse est oui.

Sur son blog, le spécialiste relativise la “révolution” annoncée des Moocs : “bien que ceux-ci ont reçu toute l’attention des médias ces dernières années, je crois que les OER et les manuels libres sont bien plus révolutionnaires”.

Les OER, des « blocs de construction » pour les enseignants

Tony Bates prophétise :  “la plupart des contenus universitaires sont facilement accessibles sur Internet. Cela pourrait changer le rôle des enseignants : les étudiants ne seront plus dépendants des professeurs comme source principale de savoir”. L’expert en e-learning constate ainsi que “déjà, certains étudiants sautent des cours magistraux, parce que les sujets sont mieux présentés sur la Khan Academy ou sur OpenLearn” (deux plateformes d’OER).

“Si les étudiants peuvent accéder aux meilleures ressources éducatives, gratuitement, en provenance du monde entier, y compris des grandes universités américaines, pourquoi voudraient-ils de celles d’un professeur d’une université moins connue ? Quelle sera la valeur ajoutée fournie par cet enseignant ?”, s’interroge-t-il.

Amphithéâtre université

Amphithéâtre université © Danielle Bonardelle – Fotolia.com

Pour Tony Bates, le professeur d’université devra proposer “un contenu différent de ce que l’on peut trouver sur Internet” et proposer aux étudiants de trouver eux-mêmes ce contenu “disponible ailleurs”, afin de leur permettre, entre autres, de “développer des compétences (la recherche et la gestion des connaissances) par la pratique”. L’enseignement évoluerait ainsi “de la transmission de l’information” vers “la recherche, le tri et la hiérarchisation des connaissances, sous l’égide d’un enseignant, venant en soutien”.

Les universités devraient, se prend à rêver le spécialiste en enseignement à distance, concevoir, entre plusieurs établissements, leurs propres OER, sous forme de “modules” qui couvriraient l’ensemble du programme d’un semestre, par exemple.

Ces ressources, conçues par des experts du sujet traité, seraient réutilisables par les professeurs (de n’importe quelle faculté), qui pourraient les adapter selon leurs besoins, tels des “blocs de construction”. L’objectif serait, note Tony Bates, “un gain de temps pour les enseignants, qui pourraient se consacrer davantage au soutien de l’apprentissage des étudiants, et moins à la création de cours.”

Le nouveau rôle du professeur

tablettes à l'université

© Marco Herrndorff – Fotolia

Les OER devraient permettre, prévoit Tony Bates, de “réduire drastiquement l’enseignement magistral”, pour “évoluer vers davantage” de travaux en projet, mais aussi vers l’apprentissage par problèmes, et l’apprentissage collaboratif”. Côté évaluation, cette dernière serait plus “continue”, plus “diffuse”, et moins sous une “forme écrite”.

Le rôle du professeur changera : “il fournira des conseils aux étudiants sur où et comment trouver du contenu, et sur comment évaluer la pertinence de la fiabilité des contenus”, indique Tony Bates. L’enseignant aidera aussi les élèves à “analyser et à présenter l’information”.

Pour l’expert en e-learning, les étudiants devraient, dans un futur proche, travailler “principalement en ligne”, et de façon collaborative. Ils auront pour tâches de concevoir des “démonstrations de leur apprentissage”, comme des vidéos – constituant autant de nouveaux OER.

“Derrière le battage médiatique autour des Moocs, ceux-ci s’avèrent une impasse, car les apprenants n’ont pas tous le même bagage pour en profiter”, écrit Tony Bates. Pour lui, “concevoir des ressources gratuites n’est pas une perte de temps, quand elles ne constituent qu’un outil, et pas la panacée”. Pour développer l’usage des OER dans l’enseignement supérieur, “il n’y a pas de barrières juridiques ou techniques insurmontables” : le principal défi, pour Tony Bates, est “le nécessaire changement des mentalités”.

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