Exposition pédagogique : découvrez le « laboratoire de la création » d’Auguste Rodin

La nouvelle exposition du Musée Rodin fait entrer le visiteur dans le secret de l’atelier de l'artiste, où se dévoilent les essais et maquettes qui ont mené à ses oeuvres les plus célèbres.

Charles Bodmer Tête de Saint Jean-Baptiste en plâtre Vers 1887, épreuve gélatino argentique

Jacques-Ernest Bulloz Vue d’ensemble de Pavillon de l’Alma à Meudon 1904–1905, épreuve gélatino argentique

Gaudenzio Marconi Auguste Neyt, modèle de l’âge d’airain 1877, épreuve sur papier albuminé

Auguste Rodin âge d’airain, grand modèle 1877, Plâtre

Anonyme Ugolin en terre Entre 1880–1881, épreuve sur papier albuminé

Auguste Rodin Ugolin Plâtre

Anonyme Maquette de la Porte de l’Enfer en plâtre Vers 1881, épreuve sur papier salé

Victor Pannelier Le Penseur en terre, retouche à la mine de plomb Juillet 1882, épreuve sur papier albuminé

Auguste Rodin La porte de l’Enfer Bronze

Auguste Rodin Pierre de Wissant, tête type C Vers 1885-1886, Plâtre

D. Freuler Main en plâtre suspendue à un support épreuve sur papier salé

Auguste Rodin Pierre de Wissant, nu pour la deuxième maquette 1885, Plâtre

Jacques-Ernest Bulloz Projet en plâtre pour le monument à Victor Hugo épreuve gélatino argentique

Auguste Rodin La Muse tragique 1890, Plâtre

Auguste Rodin Balzac, étude définitive pour la tête, variante Vers 1897, Pâte à modeler

Eugène Druet Balzac dans l’atelier du Dépôt des marbres, 1898

Auguste Rodin Monument à Whistler 1905, Terre cuite

Jacques-Ernest Bulloz La Muse Whistler dans l’atelier du Dépôt de marbres 1908, épreuve au charbon

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Découvrir les « chefs d’œuvre avant le chef d’œuvre » : voilà ce que propose la nouvelle exposition du Musée Rodin. Jusqu’au 27 septembre 2015, « Rodin, le laboratoire de la création » présente près de 140 études, maquettes et essais, issus des réserves du musée. De nombreuses photos, la plupart des oeuvres en cours, viennent compléter le dispositif.

Des « brouillons » de terre et de plâtre

On s’arrêtera, par exemple, devant la vitrine consacrée à la genèse du monument à Balzac, œuvre controversée, commandée à Rodin par la Société des gens de lettres en 1891. Pour ce travail, Rodin avait réalisé de nombreuses études de tête, modelées d’après des sosies de Balzac. Il est d’ailleurs fascinant de suivre l’évolution de sa réflexion à travers ces différentes maquettes, présentées sous forme de moulages en plâtre ou de photographies. Parmi tous ces « brouillons », il prendra pour point de départ de l’œuvre définitive l’un de ceux ressemblant le moins à Balzac, ayant choisi de représenter l’expression du génie plutôt que la ressemblance. L’œuvre fut refusée par la Société des gens de lettres, qui ne reconnut pas Balzac dans la proposition de Rodin. Cet échec blessa profondément l’artiste.

« Rodin ne préconçoit pas ce qu’il va créer, souligne Véronique Garnier, chargée d’action culturelle au Service culturel du musée Rodin. Il peut avoir un projet, il peut avoir envie de quelque chose, mais le travail en train de se faire amènera des bifurcations, des surprises, des accidents, des hasards, des trouvailles, des rencontres, des imprévus… L’artiste se surprend lui-même » Chez Rodin, même s’il dessine, le processus créatif se passe dans la terre lors du modelage. Les nombreux « brouillons » en terre cuite exposés sont les témoins de cette recherche permanente.

Les techniques décryptées

L’exposition propose également des focus passionnants sur les techniques utilisées par Rodin pour façonner ses œuvres : modelage de la terre, création des moules en plâtre pour les épreuves, techniques de taille du marbre ou de fonte du bronze… On y apprend aussi beaucoup sur les méthodes créatives particulières de l’artiste, comme l’utilisation des abattis. Rodin avait en effet l’habitude de multiplier les tirages en plâtre de morceaux isolés de ses sculptures : bras, jambes, pieds… Il disposait ainsi d’un « répertoire de formes » qu’il utilisait à sa guise pour recomposer d’autres œuvres.

Une grande richesse pédagogique et de multiples problématiques d’étude

L’exposition peut être abordée de multiples façons, elle ne propose pas de parcours pédagogique a priori. C’est aux enseignants de l’imaginer et c’est aussi ce qui en fait l’intérêt. « Tous les enseignants peuvent mettre en résonance leur champ disciplinaire avec l’exposition mais ils peuvent aussi montrer aux élèves combien le croisement de toutes les connaissances enrichit vraiment le regard », explique Véronique Garnier. « Le modelage peut s’expérimenter en arts plastiques mais c’est aussi une affaire de sciences, d’histoire, de technologie. La répartition du travail au sein de l’atelier, le contexte d’une commande ou la réception critique d’une œuvre peuvent s’entendre dans d’autres domaines artistiques, en littérature par exemple, ou être éclairés par la démarche historique, en relation avec l’histoire sociale ou celle des idées. La composition et l’expressivité de l’œuvre peuvent s’appréhender par le corps, à travers le mime ou le mouvement dansé, par les plus jeunes comme par les plus grands… Il y a beaucoup de pistes ».

Le dossier documentaire de l’exposition livre d’ailleurs quelques problématiques d’étude, dont les enseignants pourront s’inspirer pour préparer leur visite : la réception critique de l’œuvre de Rodin, par exemple, ou la relation artiste/artisan (Rodin ayant été artisan pendant les premières années de sa carrière).

Même les professeurs des écoles sont concernés par cette exposition,  signale Véronique Garnier. « On peut facilement faire comprendre aux jeunes enfants le principe du moulage des plâtres, en leur parlant par exemple de moule à gâteaux. Ils s’aperçoivent ainsi que c’est plus simple, quand on a fait un travail de modelage en terre, de créer un moule permettant d’obtenir plusieurs exemplaires en plâtre, plutôt que de refaire plusieurs fois l’œuvre en terre. Comme pour un gâteau ou un château de sable ».

Le musée propose également des visites accompagnées pour les publics scolaires, de la grande section de maternelle à la terminale.

Rodin, le laboratoire de la création
Jusqu’au 27 septembre 2015 au Musée Rodin de Paris

1 commentaire sur "Exposition pédagogique : découvrez le « laboratoire de la création » d’Auguste Rodin"

  1. DoReMi  13 février 2015 à 16 h 56 min

    Le laboratoire de Marie Curie est aussi intéressant. Ah, culture culture … scientifique !Signaler un abus

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