Un parti musulman va présenter des candidats aux élections départementales

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Un parti musulman, l’Union des démocrates musulmans de France (UDMF), va présenter plusieurs candidats aux élections départementales, notamment à Bobigny, seule mairie de France où siège un élu UDMF, a-t-on appris jeudi auprès de son fondateur.

Née en novembre 2012, cette jeune formation va présenter des candidats à Marseille, Nice, Strasbourg, Avion près de Lens (Nord-Pas-de-Calais) et dans la banlieue lyonnaise, a précisé Nagib Azergui à l’AFP.

L’UDMF, qui revendique près de 900 adhérents et 8.000 sympathisants, touche un public d' »actifs, Français de confession musulmane pour la plupart, qui ne se reconnaissent pas dans l’offre politique » actuelle et veulent « sortir du bipartisme », a-t-il expliqué.

« Il y a une place pour ce parti », entre la droite, coupable de « discrimination », et la gauche, rejetée pour son « instrumentalisation » du vote arabo-musulman, a ajouté ce formateur en nouvelles technologies, qui a grandi à Nanterre, « près des bidonvilles ».

Le parti emprunte ses thèmes à la droite et à la gauche, conservateur sur le plan sociétal – la « Manif pour tous » constitue une « rupture » pour ses adhérents – mais antilibéral sur le plan économique et social. Il se veut non confessionnel, à l’instar du parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, dont il dit suivre l’exemple.

L’UDMF se dit favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales, pour l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne et veut revenir – sans le dire clairement – sur l’interdiction du port du voile à l’école.

Affirmant que certains « épisodes tragiques » de l’histoire de France comme la guerre d’Algérie ou la colonisation sont « passés sous silence » dans les programmes scolaires, il milite pour leur enseignement et pour celui de la langue arabe, « injustement bannie » du secondaire.

Pourfendeur de « l’austérité », il entend promouvoir la finance islamique, conçue comme une alternative « éthique » à la finance traditionnelle et un moyen d’enrayer de futures crises. Il souhaite aussi faire de la France un des « leaders mondiaux » sur le marché de l’alimentation « hallal ».

En vue des élections des 22 et 29 mars, l’UDMF a présenté dans le canton de Bobigny Khalid Majid, 36 ans, cadre commercial à la SNCF, et Schérazade Benhaddad, 34 ans, une militante associative et secrétaire de la section locale du parti.

« Aujourd’hui, dans un contexte dramatique comme celui que nous connaissons, nous avons davantage besoin d’entendre nos voix trop longtemps noyées dans le silence », explique M. Majid dans sa profession de foi, publiée sur internet. « C’est un combat essentiel pour lutter contre les stigmatisations et amalgames dangereux qui associent terrorisme et islam ».

La formation compte un seul élu, Hocine Hebbali, candidat sous l’étiquette UDMF sur la liste UDI de Stéphane de Paoli à Bobigny, arrivée en tête lors des municipales de mars 2013.

Cette liste s’était appuyée sur le vote de la communauté musulmane pour battre les communistes, implantés depuis 1919.

Conseiller municipal délégué à l’histoire locale et aux mémoires, M. Hebbali s’est vu confier le projet d’un musée de l’histoire de la colonisation française, a indiqué l’entourage du maire.

L’UDMF a un précédent, le Parti des musulmans de France, créé en 1997 à Strasbourg. Son président, Mohamed Latrèche, avait obtenu 0,92% des voix aux législatives de 2007.

Dans son dernier roman, Soumission, Michel Houellebecq imagine l’arrivée au pouvoir d’une formation baptisée « Fraternité musulmane ». « Notre ambition est d’être au rendez-vous en 2017 », déclare M. Azergui.

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