Rénovation de Jussieu: un « chantier interminable » au « coût croissant » (Cour des comptes)

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La rénovation du campus de Jussieu, à Paris, est « un chantier interminable » dont le « coût croissant » peut être évalué en 2014 à 2,05 milliards d’euros, relève la Cour des comptes dans son rapport annuel publié mercredi.

Le désamiantage du campus universitaire a été lancé en 1996 et devait durer trois ans pour un budget de 183 millions d’euros. En 2011, la Cour avait déjà dénoncé des « dérives » budgétaires et des retards.

Les opérations de relogement extérieur, afin d’accueillir les activités de recherche, ont été plus coûteuses que les travaux de désamiantage. Les charges locatives sont cependant en « forte réduction depuis 2014 », relève la Cour.

Mais alors que le chantier initial de désamiantage « n’est pas encore achevé », l’université Pierre et Marie Curie « envisage désormais le lancement d’une nouvelle tranche de travaux sur le secteur des +barres de Cassan+ », qui ne sont pas amiantées, critiquent les magistrats.

Compte tenu du coût supplémentaire des travaux envisagés sur les « barres de Cassan », qui pourraient durer dix autres années, le coût global prévisionnel de réhabilitation de Jussieu « peut être évalué en 2014 à 2,05 milliards d’euros », selon ses projections.

Les « barres de Cassan » sont des bâtiments situés au nord et à l’est du campus édifiés entre 1958 et 1961 par l’architecte Urbain Cassan. N’étant pas amiantées, elles n’avaient pas été intégrées dans l’opération initiale.

Selon l’université, le chantier de réhabilitation des barres de Cassan A-B-C pourrait être réalisé entre 2015 et 2025. Le montant final est estimé à 249 millions d’euros.

Cependant, la Cour relève que « le devenir » de ces barres « reste incertain, aucun engagement n’ayant été pris pour ces travaux qui ne sont pas financés à ce stade ».

Les magistrats estiment notamment que, compte tenu de « la durée excessive » du chantier, l’Etat doit désormais statuer définitivement sur les projets des +barres de Cassan+ ».

Dans sa réponse, le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche invite le préfet et le président du Conseil régional d’Ile-de-France à « discuter » afin de déterminer si le projet de réhabilitation « demeure une priorité pour les acteurs concernés ». Il souligne que les « arbitrages se tiendront dans le cadre d’une forte contrainte budgétaire ».

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