La laïcité, valeur républicaine plébiscitée, mais aux contours flous (sondage)

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Sans surprise dans la foulée des attentats de janvier, les Français placent la laïcité en tête des valeurs républicaines les plus importantes, même si elle renvoie pour eux à des valeurs diverses, entre liberté de religion, refus du communautarisme, ou absence du religieux dans les services publics, selon un sondage dimanche.

Selon l’enquête IFOP pour Sud Ouest Dimanche, 46% des personnes interrogées considèrent la laïcité comme le plus important des « grands principes républicains », devant le suffrage universel (36%), et loin devant la liberté d’association (8%), la libre constitution des partis politiques (5%) ou la liberté syndicale (5%).

La laïcité réalise donc une avancée spectaculaire, sans doute à mettre en lien avec les attentats, note l’Ifop. La dernière fois que cette question avait été posée par un sondage, en 2008 au moment du débat sur la « laïcité positive », le suffrage universel était le principe républicain considéré le plus important (41%), devant la laïcité (30%).

Mais la laïcité est pour les sondés une « notion ouverte », qui renvoie à des définitions différentes, relève le sondeur.

Ainsi pour 51% , elle est perçue comme d’abord comme « la possibilité laissée à chaque citoyen de pratiquer sa religion », tandis 25% voient avant tout en elle « l’interdiction de manifester son appartenance religieuse dans les services publics ». Pour 14%, elle est surtout « le refus de toute forme de communautarisme », et pour 10% « l’absence de participation de l’Etat dans l’édification des lieux de culte ».

Par ailleurs, le sondage révèle un fort scepticisme dans l’opinion sur le chiffre officiel des incidents survenus dans les établissements scolaires au moment de la minute de silence organisées à la mémoire des victimes des attentats.

Le ministère de l’Education avait fait état d’incidents survenus dans environ 200 des 64.000 établissements scolaires de France, un chiffre que 53% des sondés trouvent « sous-évalué », contre 38% le trouvant « conforme à la réalité », et 9% « sur-évalué ».

Sans surprise, plus les sondés se situent à droite, plus ils estiment considèrent que le nombre d’incidents a été sous-évalué: 65% chez les sympathisants de l’UMP et 70% chez ceux du FN. Mais même chez les sympathisants PS, 45% estiment que le chiffre a été sous-évalué (contre 46% « conforme »).

Le sondage a été réalisé du 3 au 5 février, par questionnaire en ligne, sur un échantillon de 1.003 personnes représentatif de la population de 18 ans et plus.

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