Les internes mobilisés contre le projet de loi Santé

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Entre 50 et 75% des internes des hôpitaux parisiens étaient en grève mercredi pour protester contre le projet de loi santé, selon un syndicat, plusieurs centaines d’entre eux s’étant rassemblés devant le ministère, a constaté une journaliste de l’AFP.

Dans une ambiance festive, près de 400 personnes en blouse blanche étaient venues manifester mercredi après-midi, dans le 7e arrondissement parisien, leurs pancartes et banderoles dénonçant la main mise des mutuelles sur le système de santé.

Ce rassemblement, lors duquel les internes se sont allongés au sol pour mimer la mort du système de santé, était organisé à l’appel du Syndicat représentatif parisien des internes en médecine générale (SRP-IMG) et du syndicat des internes des Hôpitaux de Paris (SIHP).

Le président du SIHP, Jules Grégory, avait estimé dans la matinée qu’environ 30% des internes s’étaient déclarés grévistes, avant de réviser ses chiffres en fin de journée, soulignant une « mobilisation inédite ».

Contactée, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris n’a pas souhaité communiquer sur le sujet.

L’Intersyndicat national des internes (Isni) avait déposé un préavis de grève le 29 janvier afin de couvrir l’ensemble des actions ponctuelles et locales qui pourraient s’organiser dans le pays, et laisser le temps « aux villes de se coordonner le plus possible », selon Jules Grégory.

D’autres rassemblements ont été organisés mercredi dans des villes comme Lyon, Marseille ou Bordeaux.

L’Intersyndicale nationale Autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG) s’est jointe au mouvement, via un préavis de grève déposé lundi.

Au coeur de leurs revendications, le report de l’examen du projet de loi santé à l’Assemblée nationale, prévu pour avril.

Généralisation du tiers payant, refonte du service public hospitalier, pouvoir accru des agences régionales de santé: le texte de la ministre Marisol Touraine inquiète les internes, au même titre que leurs aînés, qui multiplient les appels à la grève depuis plusieurs semaines.

« Le projet de loi stigmatise le médecin de ville alors qu’il devrait au contraire essayer de lui redonner de l’attractivité et l’inciter à s’installer », estime ainsi Jules Grégory.

– ‘Etatisation de la santé’ –

La refonte du service public hospitalier pourrait conduire à l’exclusion des cliniques de ce label, en raison des dépassements d’honoraires pratiqués par leurs médecins. Une disposition symbole « de débouchés en moins », regrette Jules Grégory.

Violaine, interne en obstétrique de 27 ans présente au rassemblement, faisait grève pour « la première fois ». Elle craint que les médecins ne se retrouvent à la solde des mutuelles, dans le cadre de la dispense d’avance de frais.

De son côté, Lola, praticienne hospitalière de 36 ans, a pris une demi-journée pour soutenir les grévistes. Fustigé par les médecins libéraux, qui y voient une « étatisation de la santé », le projet de loi représente selon elle un « danger pour toute la profession ».

L’hôpital public et la médecine libérale fonctionnent comme « des vases communicants : si l’on désorganise l’un (la médecine de ville en l’occurrence, ndlr) on désorganise aussi l’autre », s’inquiète-t-elle.

Comme d’autres professionnels, les internes sont conviés à des groupes de travail au ministère de la Santé afin de revoir les points litigieux du texte.

« Mais tout se fait dans la précipitation », déplore Pierre-Antoine Moinard.

Une délégation a été reçue au ministère en fin de journée, mais les internes n’ont pas obtenu le « calendrier adapté » qu’ils réclament, a regretté Jules Grégory.

Une manifestation nationale est prévue à Paris le 15 mars.

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