Redoublement : trouver des alternatives pour lutter contre les difficultés scolaires (Cnesco)

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La France continue de recourir massivement au redoublement, dont les effets sur la réussite scolaire sont limités tandis qu’il peut favoriser le décrochage scolaire et détériorer l’estime de soi des élèves, note mardi le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco).

Ce dernier organise un cycle de conférences sur la période 2014-2017, permettant de partager recherches et expériences. La première, prévue mardi et mercredi à Paris, porte sur le thème « lutter contre les difficultés scolaires : le redoublement et ses alternatives » ? ».

La France est le 5e pays de l’OCDE qui fait le plus redoubler ses élèves. Environ 28% des élèves de 15 ans déclarent avoir déjà redoublé au moins une fois. Avec des disparités: 82% d’élèves sont en retard en CAP, 57% en seconde professionnelle et 20% en seconde générale et technologique.

Le taux de redoublement a toutefois régressé au cours de la dernière décennie.

Pour autant, les redoublements restent nombreux dans les classes précédant une orientation (troisième et seconde). Ils jouent alors un « rôle stratégique » et « reflètent un décalage entre ambition des familles et recommandation des équipes pédagogiques ».

Le redoublement continue à s’appliquer dans les petites classes : 7% des élèves redoublent le CP ou le CE1. Selon le Cnesco, au moins un tiers des pays européens interdisent cette pratique lors des premières années du primaire.

Le portrait-type du redoublant: être un garçon, vivre dans une famille monoparentale, être allé moins d’un an en maternelle, être né au premier trimestre plutôt qu’au troisième. Des parents éduqués et un père ayant un emploi à temps plein réduisent la probabilité de redoubler. La nationalité « n’est désormais plus un facteur discriminant ».

Enseignants et parents considèrent le redoublement comme « bénéfique ». Selon de récentes études, le redoublement « n’a pas d’effet sur les performances scolaires à long terme » mais il a « toujours un effet négatif sur les trajectoires scolaires et demeure le meilleur déterminant du décrochage ».

A l’étranger, des dispositifs ont été mis en place pour « laisser une seconde chance aux élèves », comme des écoles d’été pour rattraper les lacunes et passer un examen en septembre afin d’être promus. Des classes à effectif réduit et du soutien scolaire, parfois dès la maternelle, sont aussi prévus.

Une large majorité de lycéens et collégiens interrogés par le Cnesco en novembre 2014 estime que le redoublement « démotive », « diminue la confiance en soi » et « entraîne un sentiment d’infériorité ».

A la rentrée 2015, le redoublement deviendra « exceptionnel », se fera en accord avec les parents et entraînera un accompagnement spécifique des élèves.

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