Mulhouse: pas de sanction pour l’enseignant suspendu après un incident avec des élèves

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Il n’y aura aucune sanction à l’encontre du professeur d’un collège de Mulhouse qui avait été suspendu pour un incident avec des élèves, après avoir montré des caricatures de Mahomet, a-t-on appris jeudi auprès du rectorat.

Cet enseignant d’arts plastiques du collège François Villon, situé dans une dans une Zone d’éducation prioritaire (ZEP) de Mulhouse, faisait l’objet depuis la semaine dernière d’une suspension conservatoire décidée par le rectorat de l’académie de Strasbourg.

Selon les premiers éléments qu’avait recueillis le rectorat, l’enseignant aurait présenté « sans discernement et sans explication » des caricatures de Mahomet, dont une présentant le prophète nu, suscitant des échanges « houleux » avec certains élèves de sa classe de 4e.

« J’ai décidé qu’il n’y aurait pas de procédure disciplinaire », a cependant dit jeudi à l’AFP Jacques-Pierre Gougeon, après avoir épluché le rapport remis mercredi soir par deux inspecteurs envoyés à Mulhouse.

Outre ce rapport, le recteur a précisé avoir tenu compte du dossier pédagoqique du professeur, « un enseignant engagé qui a toujours oeuvré dans l’éducation prioritaire ».

« Il y a eu un phénomène d’émotion, mais cela n’implique pas une sanction, ce serait trop », a estimé M. Gougeon, qui adressera toutefois « une lettre de rappel à la loi » à l’enseignant, rappelant que « dans un contexte particulier, il faut faire attention aux mots que l’on utilise ».

L’enseignant, « à sa demande », ne retournera pas dans son établissement, a précisé le recteur, qui étudie une « solution administrative » pour qu’il puisse par exemple enseigner ailleurs.

La suspension du professeur avait suscité une vive émotion parmi ses collègues dans toute la région. Quelque 200 enseignants se sont ainsi rassemblés mardi à Mulhouse devant la sous-préfecture pour le soutenir et un appel à la grève avait été lancé par une intersyndicale pour la journée de vendredi dans toute l’académie.

« La grève prévue n’a plus lieu d’être puisque nous avons obtenu gain de cause », a dit à l’AFP José Pozuelo, secrétaire départemental au SNES-FSU.

« La raison l’a donc emporté », a commenté le syndicat dans un communiqué, tout en regrettant que « la mise en cause d’un professeur sur une rumeur et la précipitation à lui imputer une faute, sans l’avoir entendu, (aient) conduit à une sorte de scandale public. »

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