Les députés PS favorables à la création d’une peine d’indignité nationale

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La possible création d’une peine d’indignité nationale est soutenue par les députés socialistes, parmi un éventail de mesures de « consensus » que doit annoncer mercredi le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a déclaré mardi un porte-parole des députés socialistes, Annick Lepetit.

« La création d’une telle peine, pour symbolique qu’elle soit, aura la vertu de rappeler que prendre les armes contre son pays est de la même nature que la collaboration avec l’occupant pendant la Deuxième Guerre mondiale », a affirmé la députée de Paris, lors d’une conférence de presse.

La peine d’indignité nationale a été suggérée par l’UMP. Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, qui n’a « pas d’a priori », a déclaré que « ça peut se discuter », tandis que le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, s’interroge sur son « utilité ».

Parmi les mesures que M. Cazeneuve pourrait annoncer mercredi, elle a aussi évoqué « un renforcement des moyens affectés aux services de sécurité et de renseignement », « un renforcement des fichiers et une amélioration de la collecte de renseignements » et « un plan de lutte contre la radicalisation jihadiste en prison et sur internet ». Elle a également parlé d’un renforcement « des contrôles aux frontières extérieures de l’Europe ».

« Bernard Cazeneuve a consulté tous les anciens ministres de l’Intérieur et ses propositions font consensus », a ajouté Mme Lepetit, qui a estimé que « la force de ces mesures qui seront adoptées demain (mercredi) est qu’elles sont proportionnées aux menaces sans porter atteinte aux libertés et à l’Etat de droit ».

La députée de Paris a aussi indiqué qu’il n’y aurait pas de nouvelle commission d’enquête à l’Assemblée sur les attentats de Paris, alors qu’une commission sur les filières et individus jihadistes, créée en décembre à la demande de l’UMP, vient de lancer ses travaux. Cette commission « est parfaitement outillée » avec « notamment le pouvoir d’auditionner tous les responsables de la sécurité », d’après elle.

Au-delà du chantier de la sécurité, François Hollande veut selon elle « faire revenir la République partout où elle s’est affaiblie », et notamment à l’école. « Les annonces que feront demain le président de la République et la ministre de l’Education nationale doivent être l’acte 2 de la refondation de l’école », a lancé la parlementaire.

Il faut « rendre à l’école sa mission première, la transmission des savoirs et des valeurs de la République », par exemple en « recentrant les enseignements sur les matières qui créent un sentiment d’appartenance à la République et à la communauté nationale ». Elle a cité « l’acquisition de la langue française, notre histoire, une éducation civique et laïque plus forte et sans doute plus simple ». Il faut aussi « redonner autorité et considération au corps enseignant ».

Enfin, « nous pensons que l’extension, pourquoi pas la généralisation, du service civique à tous les jeunes de 16 à 26 ans serait un instrument formidable d’intégration et de transmission des valeurs », a-t-elle indiqué, affirmant qu' »un large accord existe sur cette réforme ».

François Hollande a annoncé mardi avoir « décidé que tous les volontaires pour le service civique pourront être accueillis à l’horizon 2017 » soit « entre 150.000 et 170.000 » par an, lors de ses voeux aux corps constitués et aux Assemblées à l’Elysée.

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