Disparition de 124 copies du bac: 6 mois avec sursis requis contre une enseignante

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Une peine de 6 mois avec sursis a été requise mardi devant le tribunal correctionnel de Saint-Quentin à l’encontre d’une professeure suspectée d’avoir accusé à tort son ex-compagnon du vol de 124 copies du bac finalement retrouvées intactes dans sa poubelle.

Lors de l’audience, l’enseignante de 49 ans, poursuivie pour dénonciation calomnieuse et abus de confiance, a nié les faits, expliquant que son ancien compagnon, alcoolique et violent selon elle, lui avait volé les copies de l’épreuve de philosophie qu’elle devait corriger, pour lui extorquer de l’argent.

D’après elle, c’est cet homme, par ailleurs condamné à deux reprises pour des violences à son encontre, qui aurait jeté les copies dans la poubelle située en face de son domicile, ce qu’il a nié à son tour à la barre.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 3 mars prochain.

Dans ses réquisitions, le procureur qui a réclamé en plus de la peine une injonction de soins, a mis en doute la cohérence des affirmations de la prévenue, pointant ses « troubles psychiques » et son obsession pour son ex-compagnon.

« S’il cherchait à faire de l’argent avec ces copies, pourquoi les aurait-il jetées à la poubelle? D’ailleurs les enquêteurs ont bien montré qu’il n’aurait pas eu le temps matériel de le faire » a lancé le procureur à l’enseignante qui n’a pas cillé.

Au lendemain du vol, le 18 juin, la prévenue alertait la police qui avait alors perquisitionné, sans succès, le domicile de l’homme qu’elle accusait et qui niait toute implication pendant sa garde à vue.

Les enquêteurs avaient ensuite fouillé le domicile de l’enseignante et retrouvé dans une poubelle individuelle posée devant l’entrée les copies intactes qui avaient alors été redistribuées à d’autres examinateurs.

« Je n’ai pas jeté ces copies, je suis tout à fait rationnelle et logique », a expliqué la professeure de philosophie alors que le président évoquait une expertise psychiatrique peu favorable.

Soignée depuis plusieurs années pour dépression, l’enseignante est en arrêt maladie depuis les faits et doit reprendre ses cours en mars prochain selon Stéphanie Cacheux, son avocate qui a plaidé la relaxe.

« Ma cliente est une professeure remarquable qui n’aurait jamais pu faire cela à ses élèves. C’est la victime d’un homme violent et manipulateur qui a plusieurs fois commis des dégradations sur ses copies », a ajouté l’avocate en dénonçant une enquête approximative et à charge.

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