Attentats: 200 incidents dans les écoles, 40 signalés à la police/justice

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Quelque 200 incidents liés aux attentats de la semaine dernière ont eu lieu dans les établissements scolaires dont une quarantaine signalés à la police et la justice, a indiqué mercredi Najat Vallaud-Belkacem à l’Assemblée nationale.

La minute de silence organisée jeudi à la mémoire des victimes de l’attentat à Charlie Hebdo « ne s’est pas toujours bien passée, des incidents ont eu lieu, ils sont même nombreux, graves et aucun d’entre eux ne doit être traité à la légère », a-t-elle dit lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. La ministre de l’Éducation nationale a été applaudie, y compris par les députés de droite dont elle est habituellement une des cibles préférées.

Une centaine d’incidents ont été signalés lors de la lors minute de silence, une autre centaine dans les jours qui ont suivi. « Une quarantaine » de cas « ont été transmis aux services de police, de gendarmerie, de justice, parce que pour certains il s’agissait même d’apologie du terrorisme. Nous ne pouvons pas laisser passer cela », a-t-elle déclaré.

Ces données sont déclaratives, avait indiqué précédemment un communiqué du ministère, et ne concernent que des incidents qui n’ont pas pu être réglés en classe par des enseignants des écoles, collèges et lycées. Elles ne « constituent donc pas un recensement exhaustif de l’ensemble des difficultés qu’ont pu rencontrer les équipes éducatives ».

« L’école est en première ligne », a dit la ministre aux députés. « Elle sera ferme pour sanctionner, pour créer du dialogue éducatif y compris avec les parents ».

« Même là où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves », a-t-elle relevé. « Nous avons tous entendu les +oui, je soutiens Charlie, mais+, les +deux poids deux mesures+, +pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là+? », a-t-elle poursuivi, sans citer le polémiste Dieudonné, en garde à vue mercredi pour apologie de terrorisme, évoqué par des élèves selon de nombreux témoignages d’enseignants.

« Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école qui est chargée de transmettre des valeurs », a dit Mme Vallaud-Belkacem, qui consulte cette semaine la communauté éducative en vue d’une « grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République ».

Des valeurs « qui nous paraissent absolument évidentes comme la liberté d’expression, la laïcité, le rejet viscéral de l’antisémitisme, le respect de la loi et de l’autorité, ne le sont pas tant que ça pour un certain nombre d’enfants, de jeunes, d’adolescents », a-t-elle poursuivi, faisant aussi référence à une « théorie du complot que l’on retrouve trop souvent parmi nos jeunes ».

« L’école n’est pas à la hauteur dans cette mission », a-t-elle estimé. Ce n’est pas faute d’enseignants qui souhaitent les transmettre, il faut « un sursaut », a-t-elle fait valoir. « La laïcité sera le préalable indispensable », a-t-elle ajouté « pour apprendre à nos jeunes à vivre ensemble, mais aussi pour se construire un esprit critique, une liberté de jugement, l’art du débat contradictoire qui leur permettra » de « faire le tri » entre l’information et la rumeur.

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