L’école face au choc de l’actu

Quelles consignes de sécurité pour les écoles dans le contexte tragique actuel ? Comment parler des événements avec les élèves ? Réponses.

Ecole

Ecole de la Republique © NANCY – Fotolia.com

L’onde de choc de l’actualité n’aura pas tardé à toucher l’école. Le soir-même du jour de l’attaque meurtrière perpétrée contre Charlie-Hebdo, les directeurs d’école recevaient un e-mail du ministère de l’Education nationale annonçant la réactivation du Plan Vigipirate dans les établissements. Depuis février dernier, deux niveaux d’alerte ont fait place aux cinq précédents : « vigilance » (ancienne couleur rouge), appliqué aujourd’hui à l’ensemble du territoire, et « alerte attentat » qui concerne, jusqu’à nouvel ordre, l’Ile-de-France et la Picardie. Pour ces deux régions, les activités exceptionnelles, sorties et autres excursions sont suspendues. Seuls les voyages effectués en car avec prise en charge devant l’établissement peuvent être maintenus, ainsi que les déplacements habituels, vers le restaurant scolaire ou la salle de sports, par exemple. « Mais il est probable que même dans les autres académies, les demandes d’autorisations de sorties scolaires soient examinées avec plus d’attention par l’administration », indique Sébastien Sihr, secrétaire général du syndicat SNUipp. Les véhicules ne pourront plus stationner aux abords des écoles. A charge pour les communes d’y mettre en place des barrières dissuasives.

Contrôle des entrées

Sur le reste du territoire, le ministère exige plutôt « une stricte application du contrôle d’accès et du contrôle visuel des sacs », la présence d’adultes aux entrées et sorties ainsi qu’une attention particulière pour éviter tout attroupement aux abords des établissements. Les parents d’élèves de maternelle sont toujours autorisés à accompagner leurs enfants dans les classes et à venir les y chercher. Les autres devront se faire connaitre avant de s’aventurer dans les locaux scolaires. « Toute personne extérieure ne devrait théoriquement y entrer qu’en l’absence des élèves », souligne la directrice de l’école de Grandris, près de Lyon (Rhône). Les déplacements de province vers l’Ile-de-France sont par ailleurs suspendus. Si les directeurs sont chargés du respect de ces mesures, « c’est aux recteurs et aux inspecteurs d’académie de leur en préciser les modalités », précise Sébastien Sihr, et à la commune de sécuriser les locaux. Des contraintes sommes toutes assez faciles à assumer sur le plan matériel, mais parfois un peu lourdes en termes psychologiques. « Elles instaurent un climat tendu, une angoisse permanente. Pour la surmonter, mieux vaut prendre du recul, et se répéter que c’est pour le bien de tous », », résume la directrice de Grandris.

Dialogue ouvert

Autre point délicat à gérer : le dialogue à amorcer avec les enfants sur le tragique événement lui-même… En théorie, rien n’oblige l’enseignant à cet exercice, si les élèves ne le sollicitent pas. « Mais ce drame est présent à l’esprit de tous. Certains ont entendu leurs parents en parler ou vu des images à la télévision, beaucoup auront assisté à la minute de silence. Il est important de ne pas mettre cette question sous le boisseau et de leur apporter des réponses », remarque Sébastien Sihr. Pour ce dernier, il n’existe évidemment pas de recette toute faite. « Ce qui importe, c’est d’être à l’écoute des enfants, d’entendre ce qu’ils ont compris de ce drame, ce qui fait blocage, puis d’expliquer les faits, sans surdramatiser mais sans dédramatiser non plus. Ce qui s’est passé est grave. »

Valeurs républicaines

La directrice de l’école de Grandris (Rhône) a choisi d’inscrire la devise de la république au tableau de sa classe de CE1-CE2 et d’expliquer aux enfants la définition de chacun de ses mots, en insistant sur celui de liberté : d’expression, de dessiner, de penser… « Je leur ai dit que cet attentat représentait une grave atteinte à la liberté, que certains n’acceptaient pas les idées des autres. Je n’ai pas hésité à parler d’assassinat pour montrer ce qui était inadmissible. Les élèves ont parfaitement saisi ce qui se jouait. Ils ont posé beaucoup de questions. La séance a duré trois quarts d’heure ! » Si le ressenti de chacun est différent, il importe, en effet, pour Sébastien Sihr, de parvenir ensuite à une « compréhension partagée » de l’événement. Même les plus petits peuvent saisir l’importance du vivre ensemble, par exemple, explique-t-il, « par le biais de livres jeunesse, notamment. » Pour les plus grands, des ponts peuvent en outre se faire avec les programmes d’éducation civique. Des supports pédagogiques viennent d’être mis en ligne par le ministère pour aider les enseignants.

 

Nadia Gorbatko

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