En 10 ans, l’apprentissage « a surtout profité » aux plus diplômés (étude)

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La formation en alternance, qui comprend l’apprentissage et les contrats de professionnalisation, ne participe pas à l’insertion des jeunes peu ou pas diplômés, selon une étude publiée mercredi par le Conseil d’analyse économique (CAE).

La formation en alternance qui « joue dans de nombreux pays un rôle clé pour insérer dans l’emploi des jeunes pas ou peu diplômés » a « surtout profité aux apprentis de l’enseignement supérieur » ces dix dernières années tandis que le nombres d’apprentis sans aucun diplôme a diminué, affirment deux membres du CAE, l’économiste Pierre Cahuc et le chercheur Marc Ferracci, dans une note consacrée à l’apprentissage.

Dans cette analyse, les experts plaident pour une réforme de la formation professionnelle en alternance, soit l’apprentissage et le contrat de professionnalisation.

L’apprentissage est accessible aux jeunes de 16 à 25 ans. Cette formation initiale alterne cours théoriques et périodes en entreprise. La contrat de professionnalisation offre la même possibilité mais dans le cadre d’une formation continue et s’adresse aussi aux chômeurs de 26 ans et plus.

Les deux experts soulignent que malgré le quasi-doublement des effectifs d’apprentis – enregistrés dans ces deux types de formation – passés de 211.000 en 1992 à 405.000 en 2013, la part de l’apprentissage « a stagné au sein des diplômés de plus faible niveau ».

La proportion d’apprentis sans diplôme préalable « a chuté de 60% à seulement 35% entre 1992 et 2010 », précisent les auteurs.

En revanche, phénomène plus récent, entre 2004 et 2010, la hausse du nombre d’apprentis « s’explique par l’essor de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur », estimé à + 24% sur la période.

Or « le rendement que peuvent tirer les élèves de l’apprentissage est plus important pour les personnes les moins diplômées », a relevé Marc Ferracci, professeur à l’université de Nantes et membre du Centre de recherche en économie et statistique (Crest), lors de la présentation de ses travaux.

Et « du point de vue social, cette dynamique n’est pas satisfaisante », a-t-il jugé.

Pierre Cahuc, professeur à l’Ecole Polytechnique, a appelé à instaurer « un système plus redistributif et efficace pour les personnes les moins diplômées » notamment en leur consacrant une plus grande part des subventions existant aujourd’hui pour l’apprentissage.

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