Lecture : pas assez de temps d’apprentissage à l’école pour les élèves fragiles

Pour Bruno Suchaut, directeur de l’URSP en Suisse, le temps d'apprentissage individuel consacré à la lecture à l'école est trop faible pour les élèves en difficulté.

élève lisant un livre

© S.Kobold – Fotolia

L’école ne consacrerait pas assez de temps à l’apprentissage de la lecture pour que les élèves fragiles l’assimilent bien. Selon Bruno Suchaut, directeur de l’Unité de recherche pour le pilotage des systèmes pédagogiques (URSP) en Suisse, les élèves en difficulté scolaire ont besoin de 35 h annuelles d’engagement individuel pour apprendre à lire, alors que l’école n’en propose que 20h.

5 à 10 % du temps réellement efficace en classe entière

Ce spécialiste du temps scolaire, dont les conclusions seront bientôt publiées dans une revue scientifique, estime que « le temps d’engagement individuel sur une tâche est un facteur majeur de la réussite des élèves. […] Pour les 30 % d’élèves les plus fragiles, il faut […] près de 35 heures d’engagement individuel pour devenir lecteur ». 35 h durant lesquelles il faut donc travailler de manière presque individuelle avec l’enfant.

« Nous estimons à 200 heures annuelles le temps effectivement alloué à la lecture« , explique  Bruno Suchaut dans le Monde. Mais il ne s’agit pas forcément de temps d’apprentissage efficace. « Pour déterminer le temps d’apprentissage effectif d’un élève, il ne faut retenir que le laps de temps où il s’engage vraiment individuellement. Or nos observations montrent que ce temps-là est très réduit ». Bruno Suchaut l’estime à « 20 % du temps de la séance » lors d’un travail en petit groupe et à « 5 et 10 % du temps » en classe entière. Le temps d’apprentissage réellement effectif ne serait donc que d’environ 20 h par an.

Favoriser le travail en petits groupes

Pour Bruno Suchaud, il faudrait s’appuyer par exemple sur les enseignants supplémentaires prévus dans le cadre du « Plus de maîtres que de classes » pour arriver à « 30 heures d’engagement individuel des élèves dans les classes qui auront deux adultes ». « Et puis, on peut recourir aussi au temps d’activité périscolaire à condition que les intervenants articulent leurs pratiques avec l’enseignant », suggère-t-il.

Dans une étude publiée en mars dernier, Bruno Suchaut déplorait déjà le faible temps consacré à l’apprentissage de la lecture au CP. Il préconisait alors la diminution des tailles des classes dans les zones défavorisées, afin de développer le travail en petits groupes. Le directeur de l’URSP évaluait à 15 % le taux d’enfants entrant au collège avec de sérieuses difficultés scolaires. A 17 ans, 1 jeune sur 10 a encore des difficultés en lecture et 4 % peuvent être considérés comme illettrés.

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