Maurice Duverger, politologue et spécialiste du droit constitutionnel, est mort à 97 ans

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Le politologue Maurice Duverger, spécialiste du droit constitutionnel, est décédé à l’âge de 97 ans, annonce sa famille dans le carnet du Monde daté de mardi.

Né le 5 juin 1917, M. Duverger, ancien député européen (1989-94), élu sur la liste du Parti communiste italien (PCI), sera inhumé le 29 décembre au cimetière du Tholonet (Bouches-du-Rhône). Ancien professeur émérite à la Sorbonne, ancien directeur d’études et de recherches à la Fondation nationale des sciences politiques, ce juriste passionné par l’analyse et le commentaire, était l’auteur d’une trentaine d’ouvrages.

Agrégé de droit public, Maurice Duverger a été professeur aux facultés de droit de Poitiers (1942-43), puis de Bordeaux (1943-45). Il fut le fondateur et premier directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Bordeaux entre 1948 et 1955. L’actuel directeur de l’IEP de Bordeaux, Vincent Hoffmann-Martinot, a salué « un des très grands penseurs en sciences politiques de la deuxième moitié du XXe siècle ». « Il a été de loin le premier à comprendre que la science politique ne se limitait pas à une audience nationale, et a donc joué le rôle d’étendard de la science politique française, et européenne, dans le monde », a-t-il ajouté.

A deux reprises, l’attitude de Maurice Duverger durant les premières années de l’occupation fut mise en cause. En 1987, le magazine Actuel l’avait accusé d’avoir fait preuve d’antisémitisme dans un commentaire de la revue de Droit public, en 1940-41, sur le statut des juifs. Maurice Duverger avait gagné un procès en diffamation contre le mensuel, le tribunal estimant que son commentaire de l’époque n’impliquait aucune approbation de la loi de Vichy. En 2003, la revue L’Histoire lui reprochait d’avoir écrit sous un pseudonyme pour un journal collaborationniste de Bordeaux.

A partir de 1955, il est professeur à l’université de Paris I, dont il dirige de 1969 à 1975 le département des sciences politiques.

Parallèlement à sa carrière d’universitaire, il débat de la vie publique dans divers journaux et revues. Il est notamment chroniqueur au Monde à partir de 1946, collaborateur de L’Express (1954-65), puis du Nouvel Observateur, ainsi qu’éditorialiste des quotidiens italien et espagnol, Corriere della Sera et El Pais. « Commenter Duverger dans Le Monde ou Thémis, notre dernier chic d’étudiants », a déclaré la ministre de la Justice Christiane Taubira sur Twitter. « Je le croyais de papier impérissable. Il était de chair! » a-t-elle ajouté.

Cette intense activité journalistique ne l’empêche pas d’être l’auteur d’une oeuvre abondante, traduite en une vingtaine de langues.

Outre des manuels d’enseignement supérieur tels que « Institutions politiques et droit constitutionnel » (1966), ou « la Cinquième République » (1968), et des essais politiques (« Les Partis politiques », 1951 et 1981), il a publié plusieurs ouvrages de vulgarisation comme « Les Régimes politiques » (1965), ou « La Cohabitation des Français » (1987).

Dès la publication de son premier livre, « La Constitution de la France » (1944), Maurice Duverger, est partisan du système présidentiel favorisant le dualisme droite-gauche et l’alternance, condition selon lui, d’une démocratie qui ne serait plus une « démocratie sans le peuple ».

Candidat à deux reprises à l’Académie française (1978 et 1987), Maurice Duverger était grand officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du mérite.

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