Supérieur: Fioraso envisage une filière pour les bac pro

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La secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, envisage la création d’une filière post-bac conçue pour les titulaires d’un baccalauréat professionnel, de plus en nombreux à poursuivre des études mais qui connaissent un fort taux d’échec à l’université, selon un communiqué vendredi.

Mme Fioraso a confié une mission à Christian Lerminiaux, ancien président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI), pour l’éventuelle création d’une filière qui pourrait s’appeler « Section professionnelle supérieure » débouchant sur « un brevet professionnel supérieur (par analogie avec les STS et les BTS », selon la lettre de mission.

Ce parcours pourrait être suivi d’une licence professionnelle voire pour certains d’une formation plus longue grâce à des passerelles vers des masters ou des écoles d’ingénieur.

« Seuls 3,5% (des bacheliers professionnels, ndlr) réussissent à l’issue de leur première année de licence », souligne Mme Fioraso dans Les Echos de vendredi. « C’est un massacre social. En tant que gouvernement de gauche, nous devons prendre nos responsabilités et accueillir les bac pro à l’université dans des conditions qui leur permettent de réussir ».

Une filière spécifique pour les bac pro pourrait « être proposée dans tous les types d’établissements d’enseignement supérieur, qu’il s’agisse de lycées offrant déjà des formations professionnelles, de lycées délivrant des BTS, d’universités soucieuses d’offrir une alternative crédible aux bac pro désireux de les rejoindre ou d’écoles prêtes notamment à ouvrir leurs classes préparatoires intégrées à ce nouveau public », précise la lettre de mission.

Un rapport sera remis à Mme Fioraso six mois après le démarrage de la mission, pour des décisions de principe à la fin de l’année universitaire et d’éventuelles premières mesures à la rentrée 2016.

Le nombre de bacheliers professionnels a bondi depuis la réforme Darcos de 2008 qui a réduit ce cursus de quatre à trois ans. A la session 2014, les bac pro ont représenté près de 30% des admis.

Si le bac professionnel est un diplôme censé permettre une insertion professionnelle, actuellement, près d’un bachelier professionnel sur deux (47,5%) décide de poursuivre des études, souligne le ministère, tandis que les entreprises sont demandeuses de davantage de qualification.

L’Unef, première organisation étudiante, proche du PS, a salué vendredi le fait que « le gouvernement se préoccupe de la réussite des bacheliers professionnels », essentiellement d’origine modeste, poursuivant leurs études. L’organisation étudiante s’inquiète toutefois des moyens qui seront mis en oeuvre et du contenu de cette formation qui ne devra pas être « une voie de garage ».

L’Unef prône « la réorganisation et le renforcement du service public, et non le choix rétrograde de la sélection » en licence, alors que le groupe de réflexion Terra Nova, également proche du PS, a proposé dans une note publiée lundi de « généraliser la sélection à l’entrée dans l’enseignement supérieur » dans « une perspective d’une orientation plus efficace et plus juste, sans remettre en cause le droit de chaque bachelier à poursuivre des études supérieures ».

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