Curiosity retrouve du méthane et des molécules organiques sur Mars

Le robot de la Nasa stationné sur Mars, a détecté des bouffées de méthane à la surface de la planète, et des molécules organiques dans le sous-sol.

Mars © Spectral-Design - Fotolia

Mars © Spectral-Design – Fotolia

En septembre 2013, le robot Curiosity n’avait pas détecté de méthane (un gaz qui est souvent le signe d’activités biologiques, car émis principalement par des micro-organismes) dans l’atmosphère de Mars, ce qui mettait à mal la probabilité de la présence d’une vie (actuelle ou antérieure) sur Mars.

Mais cet espoir est de retour. Car le rover de la mission d’exploration de la Planète Rouge, Mars Science Laboratory, a finalement détecté de véritables bouffées de méthane. Mieux : il aurait aussi repéré, lors d’un forage, des molécules organiques.

Des dégazages de méthane

Dans les résultats de son étude (publiée le 16 décembre dans Science), l’équipe internationale de chercheurs du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa indique que la concentration du méthane dans l’air entourant le cratère Gale, où se trouve Curiosity depuis son atterrissage en 2012, fluctue…

Pendant quatre prélèvements d’échantillons effectués par le « renifleur » de Curiosity, l’instrument SAM (Sample Analysis at Mars), entre fin 2013 et début 2014, la quantité de méthane relevée dans les molécules gazeuses émises à la surface de Mars, était 10 fois supérieure à celle enregistrée en moyenne. « Ces résultats suggèrent que le méthane est produit occasionnellement ou s’échappe du sol près du cratère de Gale et qu’il se disperse rapidement une fois que ces sources se tarissent », écrivent les scientifiques.

« Pour l’heure, nous sommes incapables d’avancer une explication. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’il semble qu’il y ait une source localisée, dans le temps et dans l’espace, qui a produit ce méthane », explique Pierre-Yves Meslin, du CNRS de Toulouse, membre de l’équipe des chercheurs, au Point.

Les « pics » de méthane relevés par Curiosity restent très inférieurs aux niveaux trouvés sur Terre, mais pour les scientifiques, il s’agit d’une découverte importante. « La découvertes de ces émanations de méthane remettent en selle des hypothèses que la communauté scientifique pensait invalides ! », lance François Forget, chercheur au Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales (LATMOS / INSU-CNRS), à Sciences et Avenir.

Selon les chercheurs, qui ont résumé leurs théories dans l’infographie ci-dessous, le méthane pourrait provenir de « dégazages », suite à l’interaction d’une roche (l’olivine) avec de l’eau. Il pourrait aussi provenir d’une « activité microbienne passée ou actuelle » – c’est-à-dire d’organismes vivants, des bactéries méthanogènes.

Possible Methane Sources and Sinks / NASA

Possible Methane Sources and Sinks / NASA

Selon Pierre-Yves Meslin, l’hypothèse la plus crédible est celle de la déstabilisation de poches de gaz souterraines, suite à l’impact d’une météorite, d’une comète, ou suite à un séisme. « Mais sur l’origine même de ce méthane, géochimique ou liée à une activité microbienne, passée ou présente, on ne peut pas trancher », indique-t-il au Monde.

Des molécules organiques retrouvées

Curiosity a aussi découvert autre chose, cette fois sous le sol de Mars, dans la roche : des molécules organiques – que les chercheurs peinent encore à déterminer. Comme pour le méthane « reniflé », la provenance de ces molécules (météorites, comètes, activité biologique passée ou présente) reste un mystère à percer.

Pouvons-nous voir dans les « dégazages » de méthane et les molécules organiques retrouvées, un signe de vie ? Pour l’équipe de chercheurs, les indices ne sont pas encore suffisants. « S’agit-il d’un phénomène saisonnier ? Il sera intéressant de voir s’il se reproduit après l’équinoxe de printemps, en juin 2015 », explique Michel Cabane, du LATMOS, au Monde.

Produit à 95% sur Terre par des micro-organismes (les 5% restant proviennent de processus géologiques), le méthane est un gaz à base de carbone et d’hydrogène, molécules essentielles à l’apparition de la vie.

Pour déterminer la réelle origine du méthane détecté à la surface de Mars, et déterminer si vie microbienne il y a, ou il y a eu dans le sous-sol martien, la Nasa pourra compter sur son second robot, qui devrait être envoyé sur la Planète Rouge d’ici à 2020. D’ici là, il appartiendra à Curiosity d’effectuer de nouveaux forages dans le sol martien, à la recherche d’autres molécules organiques.

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