Elèves SDF: à Lyon, des écoles occupées depuis un mois malgré des relogements

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Un mois après le début d’occupations d’écoles à Lyon et alentour afin de loger des écoliers sans-abri avec leurs familles, cinq établissements demeurent occupés alors que plus d’un tiers des familles a été relogé selon la préfecture.

Un collectif baptisé « Jamais sans toit », mobilisé depuis le 20 novembre pour donner un hébergement aux enfants scolarisés mais sans domicile fixe dans l’agglomération, avait dressé une liste de 194 enfants et de leurs familles, soit plus de 400 personnes.

Selon lui, à ce jour, « seulement 17 familles sur 70 recensées se sont vues proposer un hébergement ». Une réponse « nettement insuffisante » qui « relève d’un tri sélectif au sein de la misère sociale », déplore le collectif qui appelait à un nouveau rassemblement mercredi soir devant des locaux désaffectés.

Le 27 novembre, une délégation du collectif avait été reçue à la préfecture par le directeur départemental de la cohésion sociale (DDCS), Gilles May-Carle, qui avait confié la liste des 194 enfants et de leurs familles à une équipe de travailleurs sociaux chargés de rééxaminer leur situation.

« L’Etat se doit d’assurer la protection aux familles qui ont la chance d’être accompagnées par des militants, de la même manière qu’elle doit assurer cette protection à celles qui n’ont pas cette chance », a déclaré mercredi à l’AFP M. May-Carle.

Les chiffres divergent. A ce jour, selon lui, sur 99 familles soit 401 personnes, 35 familles soit 148 personnes ont été intégrées dans des places d’hébergement supplémentaires ouvertes au titre du renfort hivernal. Il ne reste selon lui qu’une trentaine de personnes dans les écoles.

En outre, 168 personnes – soit 42 familles – « ne peuvent pas correspondre aux critères » de relogement car d’autres personnes sont « plus prioritaires », a-t-il ajouté. Enfin, pour 85 personnes (22 familles) qui avaient transmis des coordonnées incomplètes aux militants, les dossiers sont en cours de traitement par les travailleurs sociaux, selon le DDCS.

Pour les loger, la préfecture a réquisitionné plusieurs bâtiments de l’agglomération, dont l’ex-siège du conseil régional où des mobile-home ont été installés, ou un ancien centre de formation des pompiers à Villeurbanne. Elle a sollicité également le diocèse de Lyon dont un représentant avait interpellé les autorités locales, fin novembre, sur le nombre de personnes dormant dehors, au-delà des 194 élèves SDF.

De son côté, le collectif « Jamais sans toit » qui a reçu le soutien de la FCPE, de RESF, du Front de Gauche et d’EELV, estime qu’il existe « de nombreuses solutions à ces quelques situations d’urgence: en 2010 l’Insee recensait 24.000 logements vacants sur la seule ville de Lyon ». Des logements de fonction non occupés et chauffés dans des collèges vides pourraient aussi être utilisés.

« Il ne suffit pas d’ouvrir des logements et de dire entrez. Ce n’est pas si simple et cela s’appelle du squat. Il faut sécuriser ces accueils et l’encadrement des familles », répond M. May-Carle.

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