Les Français demandeurs de plus de discrétion religieuse (étude)

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Les Français sont demandeurs de davantage de neutralité religieuse, non seulement au niveau de l’Etat et des services publics où la loi l’impose déjà, mais dans la société et en entreprise, selon une note de l’observatoire Sociovision.

Le principe de laïcité est réglementé en France par la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, qui ne concerne que les agents et les services publics, mais aussi celle de 2004 proscrivant le port de signes religieux ostentatoires dans les établissements scolaires.

Il existe en outre une loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans les lieux publics comme la rue, donc le voile intégral (niqab ou burqa), mais c’est officiellement une disposition d’ordre public qui n’est pas directement liée au principe de laïcité.

Hormis ces textes, aucune mesure législative ou réglementaire n’impose une quelconque neutralité face aux religions dans les espaces collectifs, la société, l’entreprise, etc.

Or l’étude réalisée par Sociovision souligne que « la discrétion des appartenances religieuses, dans la vie collective, celle de tous les jours, et pas seulement dans les services publics, est le souhait d’une large majorité de Français ».

Ainsi, 76% d’entre eux préfèrent « une société qui respecte la neutralité en matière de religion et où les pratiques religieuses restent dans le domaine privé », selon l’institut, dont quelques données ont été relayées par RTL.

Elles sont même 82% à estimer que « les signes d’appartenance religieuse doivent rester discrets en public », soit trois points de plus qu’en 2013, selon l’observatoire, qui mène une enquête annuelle sur la société française depuis 1975.

En outre, pour 83% des Français, « l’entreprise doit rester un endroit neutre et ne pas prendre en considération les revendications d’ordre religieux », comme un aménagement du temps de travail pour le ramadan ou shabbat.

Le jugement diffère toutefois si l’on est catholique ou musulman: ainsi 49% seulement des premiers jugent acceptable « la possibilité de trouver dans les cantines une alimentation adaptée à tous les préceptes religieux (poisson le vendredi, plats hallal ou casher) », contre 88% des seconds (et 55% de l’ensemble des Français).

Cette enquête a été réalisée auprès de 2.099 personnes constituant un échantillon représentatif (selon la méthode des quotas) de la population française âgée de 15 à 74 ans, interrogées en face-à-face à l’été 2014. Parmi elles figuraient 1.018 catholiques et 122 musulmans « auto-déclarés ».

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