Travail le dimanche: une « régression », juge Aubry (PS), qu’elle entend combattre

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Martine Aubry, la maire PS de Lille, voit dans une ouverture accrue des commerces le dimanche, prévue par le projet de loi Macron, une « régression » qu’elle s’engage à combattre.

Dans une tribune publiée mercredi sur LeMonde.fr, l’ex-numéro un du PS écrit: « Ce n’est pas une réforme subalterne, c’est un moment de vérité autour de la seule question qui vaille: dans quelle société voulons-nous vivre ? »

« Veut-on faire de la consommation – encore plus qu’aujourd’hui – l’alpha et l’oméga de notre société? La gauche n’a-t-elle désormais à proposer comme organisation de la vie que la promenade du dimanche au centre commercial et l’accumulation de biens de grande consommation? », demande l’ex-ministre du Travail.

« Le dimanche doit être un temps réservé pour soi et pour les autres », estime Mme Aubry, qui note que « d’ores et déjà, 5 millions de Français travaillent habituellement le dimanche, et 3 millions occasionnellement ».

Une plus grande libéralisation? « Le commerce est affaire de revenu disponible. Celui-ci étant limité, l’élargissement des jours d’ouverture procèdera à une simple réaffectation des achats dans la semaine », selon elle.

« Les zones de tourisme international font seules exception, et méritent une approche particulière, car elles peuvent apporter du pouvoir d’achat supplémentaire, et donc créer des emplois », juge Mme Aubry.

La dirigeante PS prévoit que « les petits commerçants, si importants pour le dynamisme de nos centres-villes comme de nos quartiers », seront « nombreux à ne pas résister », de sorte que « des dizaines de milliers d’emplois seront détruits ».

Elle écarte l’argument du volontariat « mis en avant, pour récuser toute régression sociale », car « en période de chômage de masse, on ne refuse pas de travailler aux horaires que demande l’employeur ».

Les sondages favorables? « La politique, c’est bien de dire, au regard de nos valeurs et du sens que nous leur donnons, dans quelle société l’on veut vivre et non de se laisser guider par les études d’opinions », tranche-t-elle.

« Je me suis toujours engagée pour un dimanche réservé à la vie: vie personnelle, vie collective. Aujourd’hui, je suis fermement opposée au passage de 5 à 12 dimanches ouverts par an. Je combattrai cette régression pour notre société au niveau national, comme dans ma ville », conclut la maire de Lille.

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