Réforme des ZEP: Vallaud-Belkacem chahutée à Paris par des élèves et enseignants

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La ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a été chahutée jeudi à Paris par des élèves et enseignants d’établissements de ZEP, qui doivent sortir de l’éducation prioritaire dans le cadre d’une réforme en cours, a constaté une journaliste de l’AFP.

Une cinquantaine d’élèves et d’enseignants de Seine-Saint-Denis ont sifflé la ministre, brandissant des pancartes « Touche pas à ma ZEP », dans la coupole d’entrée du Palais de la découverte, où elle venait expliquer sa stratégie pour rendre les mathématiques plus attractives.

Des élèves et enseignants de trois collèges d’Aulnay-sous-Bois (Victor Hugo, Gérard Philipe et Christine de Pisan) et du collège Paul Eluard de Montreuil ont participé à l’opération.

« Pourquoi est-ce qu’on ne garderait pas nos maigres moyens qui nous permettent de fonctionner à peu près correctement ? », l’a interpellée un des enseignants du collège Paul Eluard à Montreuil.

« Je laisse évidemment de la marge de manoeuvre aux recteurs pour s’adapter à la réalité locale, mais ce qu’il faut que vous compreniez, c’est que si on fait cette réforme de l’éducation prioritaire c’est pour actualiser une carte », avec des établissements qui rentrent et d’autres qui sortent, a expliqué la ministre.

« Nous on soutient tout à fait qu’il y ait des établissements qui rentrent, par contre on trouve complétement injuste et révoltant le fait que des établissements, y compris en Seine-Saint-Denis (département) touché par les difficultés sociales et scolaires, sortent de l’éducation prioritaire », a rétorqué l’enseignant.

La Seine-Saint-Denis « est l’un des départements les mieux servis » dans le cadre de cette réforme, a fait valoir Mme Vallaud-Belkacem. « Ceux qui en sortent, vous ne perdez pas vos avantages du jour au lendemain, on les maintient pendant trois ans ».

« On s’est retrouvé obligé de faire des actions comme ça, un peu coup de poing, pour montrer qu’on existait », a dit à la presse Amandine Cormier, enseignante de mathématiques au collège Paul Eluard, où il n’y a pas cours depuis deux semaines du fait d’une grève de professeurs et d’un blocage par des parents. « On nous explique que parce qu’on a bien fait notre travail, on va nous enlever les moyens qui nous ont permis de le faire ».

Selon le ministère, des manifestants ont été reçus par des conseillers sur place, et tous ceux qui avaient demandé à être reçus localement l’avaient été.

Une révision de la carte de l’éducation prioritaire est en cours au ministère, selon des choix effectués par chaque académie suivant un indicateur social. Dans plusieurs académies ces choix sont contestés par des parents et des enseignants qui bloquent des établissements.

La nouvelle carte de l’éducation prioritaire sera arrêtée par le ministère mi-décembre, en même temps que sera annoncée une nouvelle allocation des moyens à tous les établissements, avec prise en compte du profil sociologique des élèves et non plus des seuls effectifs.

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