2014, en route vers le titre d’année la plus chaude jamais enregistrée

Les 10 premiers mois de l'année ont été les plus chauds jamais enregistrés dans l'histoire de la météorologie. Si la tendance se confirme, 2014 pourrait devenir l'année record.

Eau de fonte glaciaire © lamax - Fotolia

Eau de fonte glaciaire © lamax – Fotolia

Alors que se déroule à Lima, au Pérou, la conférence annuelle de l’ONU sur le climat, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a tiré la sonnette d’alarme. Selon une étude de l’organisme des Nations Unis, publié mercredi 3 décembre, 2014 est l’une des années les plus chaudes jamais observées, depuis que les données météorologiques ont commencé à être enregistrées, en 1880.

Si la tendance se maintient jusqu’à fin décembre, il pourrait même s’agir, note l’OMM, de l’année la plus chaude, devant 1998, 2005 et 2010, “ce qui confirmerait la tendance générale au réchauffement sur le long terme”.

Au cours des dix premiers mois de l’année, la température moyenne de la Terre a été supérieure de 0,6 °C à la moyenne de 14 °C de la période 1961-1990. L’OMM décrit, partout dans le monde, “des vagues de chaleur records combinées à des pluies torrentielles et à des inondations de grande ampleur”, qui ont mis à mal “les moyens de subsistance des populations et semé la désolation”, et qui s’expliqueraient par cette hausse du mercure.

Inondations et sécheresses

Ainsi, l’organisme liste-t-il les inondations dévastatrices qui ont touché en mai plus de 2 millions de personnes en Serbie, en Bosnie-Herzégovine et en Croatie, ainsi que des précipitations très élevées en Europe du Sud : “en septembre, le sud de la péninsule des Balkans a reçu plus de 250% de la moyenne mensuelle des précipitations, tandis que dans certaines régions de Turquie, les pluies ont représenté plus de 500% de la normale”, note l’OMM.

En France aussi, la pluie a marqué l’année 2014. Ainsi, le cumul de pluie, durant l’été dernier, est le plus élevé jamais observé sur cette période de l’année, depuis 1959. “Entre le 16 et le 20 septembre, certaines régions du sud de la France ont enregistré des cumuls de pluie dépassant 400mm, soit trois à quatre fois la quantité normale d’un mois de septembre”, constate l’OMM.

Une scénario diamétralement opposé en Chine, où sont survenus d’importants épisodes de sécheresse, ainsi qu’aux Etats-Unis, “où certains États ont reçu moins de 40 % des précipitations observées normalement.”

« Le réchauffement ne marque aucune pause »

Paul Keller/Flickr

Paul Keller/Flickr

Les températures élevées enregistrées sur le globe entre janvier et octobre étant survenues en l’absence du phénomène El Niño (un réchauffement cyclique des eaux de l’est du Pacifique équatorial qui provoque des températures plus hautes que la normale), le probable “record” de 2014 s’avère d’autant plus remarquable.

“La tendance constatée en 2014 s’inscrit dans la logique d’un climat en évolution… Le réchauffement du climat ne marque aucune pause”, souligne dans un communiqué Michel Jarraud, secrétaire général de l’OMM, qui ne cache pas, notamment, son inquiétude concernant “les températures anormalement élevées constatées à la surface des océans sur de vastes superficies, y compris dans l’hémisphère Nord”.

Devons-nous craindre un scénario catastrophe pour les années à venir ? “Les émissions records de gaz à effet de serre et l’accumulation de ces gaz dans l’atmosphère rendent très incertain l’avenir de la planète, qui risque de devenir beaucoup plus inhospitalière”, indique Michel Jarraud.

Mais rien n’est encore perdu, les gouvernements gardant les cartes en main. L’OMM cite ainsi Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui explique que “si le climat change, fort heureusement, le climat politique évolue aussi, et les gouvernements, soutenus par les investisseurs, les entreprises et les municipalités s’acheminent vers la conclusion d’un accord universel sur le climat à Paris en 2015”. Un accord “substantiel”, censé contenir la hausse de la température mondiale en-dessous de la barre des 2°C.

A noter qu’il y a deux ans, en janvier 2013, James Hansen, directeur de l’Institut Goddard de la Nasa (GISS), notait que la température terrestre n’avait jamais été aussi élevée depuis 12 000 ans. Et que c’était dans la dernière décennie qu’elle avait le plus augmenté.

 

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