Smartphones : peut-on encore se concentrer en classe ?

Le téléphone portable s’invite de plus en plus souvent en classe. Les professeurs n’ont d’autre choix que de s’adapter à ce nouvel élément perturbateur. Témoignages.

Smartphone

Smartphone © studioessen – fotolia.com

Connaître l’heure, prendre des photos, envoyer des messages à ses camarades, mettre à jour son statut sur les réseaux sociaux… Les fonctions des smartphones se multiplient, et les jeunes s’en emparent très rapidement. Trois quarts des 12-17 ans possèdent leur propre portable et, plus ennuyeux pour les professeurs, la moitié l’utiliserait en classe, si l’on en croit les résultats d’une enquête TNS Sofres. Pour les enseignants, le problème est inédit. Pour retenir l’attention des élèves, ils doivent trouver le ton juste et quelques astuces.

Tolérance zéro pour le portable

Le règlement intérieur de la plupart des établissements instaure une tolérance zéro vis-à-vis du mobile. Pour autant, rares sont les élèves qui laissent leur appareil chez eux. Alors, le téléphone peut être toléré lorsqu’il reste éteint dans le sac. Mais pour les jeunes la tentation est grande d’y jeter un œil, voire de répondre à un message en cours. « Les élèves gardent leur portable dans la poche ou dans la trousse. On en entend assez souvent vibrer, biper ou sonner. Je préfère ne pas interrompre le cours si l’élève à qui il appartient n’y touche pas », explique Marie, professeur d’Histoire-géographie dans un collège parisien. « Je devrais en théorie le confisquer systématiquement mais cela perturberait encore davantage la concentration de tout le monde. Sans compter qu’il m’arrive à moi aussi de recevoir un appel ou un message en classe. Je suis donc assez indulgente. » Face à ce nouvel élément perturbateur qu’est le smartphone, qui n’existait pas lorsqu’ils étaient sur les bancs de l’école, les enseignants adaptent leur réaction. « Quand un portable sonne dans mon cours, je demande à l’élève de me le confier, et je décroche pour expliquer la situation à l’interlocuteur. Surprise : l’un de ses parents est le plus souvent au bout du fil », raconte Florent, professeur d’Histoire-géographie dans un collège de Poitiers (Vienne).

Des photos prises avec Snapchat

Même en primaire, la crainte de la punition n’est parfois pas assez forte face aux dernières applications à la mode. Surtout lorsque l’envie d’appartenir à un groupe s’ajoute à l’équation. A l’âge de 9 ou 10 ans seulement, les CM2 sont déjà nombreux à posséder un smartphone. « Ils prennent des photos et les partagent via l’appli Snapchat à une liste d’amis choisie », témoigne Amélie, enseignante dans une école de Sarcelles (Val-d’Oise). « Je suis obligée d’appliquer le règlement à la lettre. Je confisque l’appareil, qui est rendu aux parents. Sans cela, les élèves n’arrêteraient pas de s’en servir et ne m’écouteraient pas une minute. »

Tentation du monde extérieur

Le portable représente une distraction supplémentaire pour l’élève. Les lycéens, parce qu’ils sont plus âgés, ont souvent moins peur des conséquences ou des sanctions. Ils sont aussi davantage sollicités par SMS, Facebook, etc. « Ceux qui ont du mal avec les limites ou qui ont des difficultés en classe vont plusieurs fois par heure se laisser happer par le monde extérieur. A ce moment-là, je les perds complètement », observe Perrine, qui a enseigné les Sciences de la vie et de la terre dans un lycée de Grigny (Essonne), et qui exerce à présent au sein d’un collège. Elle conseille aux parents de fixer des règles sur l’utilisation du portable à la maison. « Les jeunes peuvent s’échanger des messages jusque tard dans la nuit, et somnoler le lendemain en classe. Nous demandons donc aux parents de leur donner une heure limite afin de protéger leur sommeil. »

Le portable capte incontestablement l’attention des jeunes. Si bien que certains professeurs ont décidé de l’inclure dans leurs leçons. « Le programme de géographie de 4e aborde la fabrication des produits et la mondialisation. J’ai choisi de prendre l’exemple du smartphone pour intéresser les éléves et cela fonctionne, remarque Florent. C’est aussi une façon de leur montrer que leur prof vit à la même époque qu’eux… et qu’il connaît aussi les derniers modèles sortis. »

 

Lucie Pehlivanian

1 commentaire sur "Smartphones : peut-on encore se concentrer en classe ?"

  1. Etienne  3 décembre 2014 à 12 h 46 min

    Le smartphone est effectivement utilisé pour illustrer certaines notions du cours. En physique chimie, il y a évidemment la restitution des couleurs, la résolution de l’image, les batteries, le recyclage, les terres rares…
    Pour autant, la gestion de l’utilisation du smartphone est une question d’éducation et cela se passe bien pour la plupart des élèves. Les addictions aux écrans et/ou aux claviers révèlent un mode de fonctionnement particulier de certains enfants. C’est aux professeurs et surtout aux parents d’être vigilants. Mais à nous de montrer l’exemple.Signaler un abus

    Répondre

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Captcha *

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.

Recherche dans les archives

Vous