Toulouse School of Economics : une grand école dans l’université

La renommée internationale de la Toulouse School of Economics ne cesse de s’accroitre depuis qu'un de ses fondateurs a obtenu le prix Nobel d'Economie. Son directeur nous présente ses spécificités.

David Alary

David Alary, directeur de la TSE, Crédit photo : ©TSE / Studio Tchiz

La Toulouse School of Economics (TSE) est sous le feu des projecteurs depuis que l’un de ses fondateurs, Jean Tirole, a reçu le prix Nobel d’économie le 13 octobre dernier. Née en septembre 2011 de l’union des enseignements en économie de l’Université Toulouse 1 Capitole, l’Ecole d’Economie de Toulouse a pour vocation de former des économistes de haut niveau.

Pour cela, la TSE propose une filière calquée sur le modèle d’une grande école, avec deux années de classes préparatoires intégrées à l’université, suivies de trois années d’école. Au programme : plus de trente heures d’économie par semaine, avec des effectifs réduits : pas plus de 20 étudiants en travaux dirigés et 100 en cours magistral.

Un enseignement d’excellence

Les cours sont délivrés par des enseignants-chercheurs de renom. Beaucoup sont Français, d’autres intervenants viennent de grandes facs américaines.

Les deux années de prépa sont ouvertes à tous et non sélectives. La sélection devient drastique à l’entrée en troisième année, où ne poursuivent que 200 étudiants sur les 1000 inscrits. Les meilleurs. De telles études exigent un très haut niveau en mathématiques et en anglais. À partir du Master 1, l’enseignement se fait uniquement dans cette langue. Des jeunes de 80 nationalités peuplent alors les amphis de ce lieu d’excellence, en quête d’un diplôme à valeur de sésame.

Renommée internationale, déficit d’image en France

Le « label TSE » est pourtant davantage une reconnaissance à l’étranger qu’en France, où l’entité universitaire souffre encore d’un déficit d’image. Pourtant, la TSE concurrence les universités américaines comme Stanford ou Columbia. L’établissement, qui accueille une centaine de doctorants et 160 chercheurs, figure dans le top 10 mondial des plus prestigieux départements de recherche en économie.

Unique dans le paysage universitaire français, la TSE appartient à l’Université Toulouse 1 Capitole mais elle est adossée à une fondation de droit privé, portant le nom de l’économiste Jean-Jacques Laffont, inspirée du modèle américain. Grâce à ses fonds privés, elle dispose de beaucoup plus de moyens que n’importe quelle faculté française. L’école paye cher l’intervention de chercheurs et enseignants internationaux dont le niveau d’excellence attire les étudiants et suscite d’importantes levées de fonds.

« Former des économistes de haut niveau »

« La force de TSE réside dans sa communauté d’enseignants-chercheurs tournée vers la recherche dans un esprit d’émulation et d’excellence », explique David Alary, directeur de l’École d’Économie de Toulouse. « Cet esprit a été insufflé par Jean-Jacques Laffont qui a fondé ce groupe de chercheurs dans les années 80, puis repris ensuite par Jean Tirole. » « La vocation de l’école est de former des économistes de haut niveau », ajoute David Alary, « les débouchés à la sortie de TSE se situent principalement dans les métiers d’analyse économique en entreprise, en tant que consultant pour des cabinets spécialisés ou bien dans des institutions publiques comme les autorités de la concurrence, les organismes de régulation des marchés. D’autres poursuivent une carrière dans les métiers liés à l’utilisation des statistiques, en travaillant, par exemple pour des instituts de sondage ». Une minorité s’oriente vers la recherche, en suivant un doctorat.

Diane Dussud

3 commentaires sur "Toulouse School of Economics : une grand école dans l’université"

  1. Daniel Roy  4 décembre 2014 à 19 h 03 min

    Je trouve cela absurde, indigne et destructeur qu’une université française donne une formation en anglais.Signaler un abus

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  2. Rigdebert Rinocero  5 décembre 2014 à 14 h 50 min

    On ne peut que se féliciter de la renommé internationale de cette école, en regrettant qu’elle ne se fasse pas connaître à l’étranger sous son nom en langue française : Ecole d’économie de Toulouse et surtout qu’elle ne puisse pas proposer une partie de ses enseignements en langue française au niveau de son programme Master, tout au moins pour les étudiants français ou étrangers maîtrisant le français, quitte à prévoir un module entièrement en langue anglaise pour les étudiants internationaux ne parlant pas du toute notre langue ou ne la maîtrisant pas suffisamment , mais au final il s s’agirait de délivrer le même diplôme. Car ne plus proposer du tout un enseignement français à partir du Master contribue à marginaliser et réduire l’influence de notre langue non seulement à l’international mais également dans notre pays.Signaler un abus

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  3. Clara  26 septembre 2015 à 16 h 46 min

    Il y a beaucoup d’étrangers à la TSE et serait-il vraiment intelligent de gaspiller de l’argent pour faire un cours d’amphi en anglais ET un en français alors que tous les élèves parlent anglais? Les publications (concernant la recherche) sont en anglais. Les débouchés après master nécessitent la maîtrise complète de l’anglais.

    « réduire l’influence de notre langue non seulement à l’international mais également dans notre pays. » Ce n’est pas une décision ayant un but politique mais pratique et cela permet au contraire l’influence d’une université française à l’échelle internationale, (en attirant notamment des élèves étrangers brillants). Peut-on en dire autant des universités où les cours sont en français?Signaler un abus

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