Rhône : le Mrap dénonce une « classe ethnique » pour Roms, l’académie tempère

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Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) a dénoncé lundi la décision de la mairie de Bron (Rhône) d’ouvrir une « classe ethnique » pour accueillir les enfants Roms d’un bidonville local, une mesure « transitoire et normale » selon l’académie de Lyon.

« Cette classe qui n’accueille que des enfants Roms du bidonville, comme cela avait été le cas à Saint-Fons (Rhône) en 2012, est une classe ethnique qui ne permet pas aux enfants d’avoir accès au service public de l’enseignement dans les conditions prévues par le droit commun », déplore la section villeurbannaise du MRAP dans un communiqué.

« Elle regroupe sans distinction des enfants déjà scolarisés les années précédentes et parlant bien le français, avec d’autres enfants qui viennent d’arriver en France », poursuit le MRAP qui va « saisir le Défenseur des droits afin de faire cesser cette ségrégation ethnique supplémentaire ».

En février 2013, le Défenseur des droits avait jugé que la scolarisation d’enfants roms dans des locaux situés à l’écart de l’école de Saint-Fons revêtait un « caractère stigmatisant ».

« Ces enfants ont été scolarisés normalement. On a ouvert une classe avec une maîtresse spécialisée pour aider ceux qui ne maîtrisent pas la langue française. Il y a un travail de suivi avec ce campement de familles roumaines et même sur d’autres questions que la scolarisation », a rétorqué lundi une porte-parole de la mairie de Bron.

De son côté, l’académie de Lyon a rappelé que cette vingtaine d’enfants et leurs familles, vivant sur « un campement sauvage », faisaient « l’objet d’une ordonnance d’expulsion prise en novembre mais suspendue en raison de la trêve hivernale ». Avant l’ouverture de cette classe, ils ont été scolarisés dans un premier temps dans « deux camions-écoles » se rendant quotidiennement sur le campement.

Cette classe, ouverte le 12 novembre, « vise dans un premier temps à accueillir les enfants Roms pour une évaluation de leurs compétences pour qu’ils soient ensuite orientés vers des classes ordinaires », a expliqué à l’AFP Jean-Marie Krosnicki, directeur académique adjoint, en qualifiant cette situation de « transitoire et normale ». Selon lui, plusieurs de ces enfants âgés de 6 à 11 ans « ne savent ni lire, ni écrire » et certains d’entre eux ne viennent pas régulièrement en classe.

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