Toulouse: une université en débat sur la dégradation des conditions d’études

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Le président de l’université de sciences humaines Toulouse-Jean Jaurès (27.000 inscrits) a invité jeudi les « étudiants et personnels » à débattre des « conditions dégradées du service public d’enseignement supérieur et de recherche », en arrêtant les cours.

« Il a été décidé de banaliser les journées du 27 novembre et du 2 décembre », a annoncé dans un communiqué Jean-Michel Minovez, président de l’une des trois universités de la ville. Il signifiait ainsi que l’ensemble des cours y étaient suspendus pour que tout le monde puisse « participer aux assemblées générales ».

Il s’agissait de « favoriser les échanges sur les conditions dégradées du service public d’enseignement supérieur et de recherche », selon M. Minovez. Il répondait ainsi à une demande des étudiants et personnels, après un « blocus » qui avait empêché, mardi, une partie des cours de se tenir.

Dans l’après-midi, 400 étudiants et lycéens ont manifesté du Capitole à la préfecture, en scandant: « Du fric pour les fac et les lycées, pas pour la police ni pour l’armée » ou « à ceux qui veulent censurer les jeunes, les jeunes répondent +résistance+ ». Certains manifestants criaient aussi « police nationale, police du capital » ou « à bas l’Etat, les flics et les fachos », derrière deux camions de police leur ouvrant la voie.

« On lutte pour des conditions d’études bien meilleures et contre des projets publics inutiles », a dit au porte-voix un étudiant en philosophie de 25 ans, Gaetan Garcia, évoquant l’opposition aux projets de barrage-réservoir dans le Tarn et d’aéroport en Loire-Atlantique. « Mais on lutte aussi pour avoir le droit de lutter », a-t-il ajouté, un mois après la mort du jeune Toulousain Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive de la gendarmerie.

Au terme de débats tendus, mardi, les étudiants avaient adopté une motion appelant à la mobilisation « contre le désengagement financier de l’Etat dans l’enseignement supérieur, la dégradation des conditions d’études, la répression des mouvements sociaux et les violences policières ». Plusieurs dizaines de jeunes campent également au sein de l’université, sur ce qu’ils appellent une « Zone d’interpellation chaleureuse » (ZIC), dans la lignée des « Zones à défendre » (ZAD).

Mardi, M. Minovez avait dénoncé l’intrusion d' »éléments extérieurs » sur le campus, parfois « agressifs » et affirmé que les étudiants se faisaient « manipuler par des gens de la mouvance anarchiste ». Mais il avait également constaté « le manque de moyens » des universités, en disant: « la jeunesse d’aujourd’hui ne pourra pas disposer de conditions de formation de bonne qualité ».

« Notre université, en quelque sorte victime de son succès, est passée en quatre ans de 22.000 à 27.000 inscrits » mais « l’Etat ne compense pas la hausse des coûts que cela représente ni les missions qu’il nous transfère », avait-il assuré.

M. Minovez est depuis 2012 le président de cette université où il avait été étudiant et enseignant. Il avait été élu par le conseil d’administration, en tant que candidat d’une liste Snesup FSU.

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