Blocage sous tensions à l’université de Toulouse

Les étudiants de l’université Jean Jaurès vont reconduire le blocage du campus, pour le 27 novembre. Les personnels, eux, ont voté la grève pour début décembre.

Leere Stühle in einem Hörsaal © jensth - Fotolia

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Situation tendue à l’université Jean Jaurès de Toulouse, bloquée mardi 25 novembre par ses étudiants. Réunis en assemblée générale (AG), ces derniers ont voté ce mercredi, une nouvelle journée de mobilisation, demain, jeudi 27 novembre. De leur côté, les personnels de l’université ont voté la grève le 4 décembre, ainsi qu’une grève continue à partir du 11.

Les personnels dénoncent des conditions de travail à l’université particulièrement dégradées, liées selon eux à la loi LRU, ou “loi d’autonomie des universités”, qui modifie profondément leurs responsabilités et leurs compétences. “Le projet de budget de l’Etat n’est pas à la hauteur des enjeux de formation, de recherche et d’emploi scientifique, ce qui place le service public d’enseignement supérieur et de recherche dans une situation d’austérité généralisée”, confirme dans un communiqué Jean-Michel Minovez, président de l’université – qui s’oppose toutefois, depuis le début, à tout blocage.

Un mouvement “hétéroclite”

Mais du côté des étudiants, les revendications dépassent largement le cadre de la faculté. Depuis deux semaines, ils dénoncent leurs conditions d’études et le manque de moyens de leur établissement, mais aussi l’austérité budgétaire et les violences policières.  « Ce mouvement est nouveau par son caractère hétéroclite : il est composé d’anarchistes dont certains sont violents, mais aussi d’autres plus pacifistes. Nombre d’entre eux ne sont pas étudiants », explique Jean-Michel Minovez à l’Etudiant.

Parmi les manifestants, qui ont installé un campement permanent sur le campus, figurent ainsi des “zadistes” venus de toute la France, et des étudiants d’autres universités toulousaines. Ces jeunes dénoncent la “répression des manifestations”, faisant référence à la mort, le 26 octobre, du Toulousain Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive de la gendarmerie sur le site du barrage contesté de Sivens, à Lisle-sur-Tarn.

Le 20 novembre déjà, des étudiants toulousains avaient bloqué l’université, dressant sur le campus une “zone d’interpellation et de conversation” (ZIC), basée sur la ZAD (zone à défendre) mise en place à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), contre le projet d’aéroport. Le slogan des étudiants, selon Le Monde, est désormais “du fric pour les fac et les lycées, pas pour la police ni pour l’armée”.

“Je souhaite pouvoir rencontrer leurs représentants, mais il faudrait pour cela avoir des interlocuteurs, or je constate que nous avons affaire à des groupes très hétérogènes et divisés qui ne communiquent pas forcément entre eux et que les syndicats étudiants classiques sont débordés et dépassés”, indique Jean-Michel Minovez à La Dépêche du Midi.

Vols, actes de violences et destructions matérielles

Mardi 25 novembre, les étudiants avaient obstrué les portes de l’université avec des tables et des chaises, et organisé une AG qui s’est avérée plutôt mouvementée – selon un journaliste de La Voix du Midi, il y aurait ainsi eu des “dérapages”, le blocage ayant été décidé (via un vote à main levée “douteux”) malgré une majorité d’étudiants ayant voté contre.

Jean-Michel Minovez, qui aurait reçu des menaces de mort de la part d’étudiants, parle dans  La Dépêche du Midi, de “vols”, d’actes de violences contre les agents de sécurité et de “destructions matérielles qui ne permettent pas d’assurer les cours tout de suite” dans certains bâtiments, mais promet la reprise des cours.

Le président de l’université, qui déplore la présence, parmi les 200 manifestants, “de jeunes  anti-système radicalisés n’appartenant pas à l’université”, reste fermement opposé à tout blocage. Appellant l’ensemble des personnels et étudiants à “faire entendre leurs voix dans les prochaines AG”, il ajoute : “la fac ne doit pas devenir le lieu de toutes les contestations de la société.”

Certains enseignants critiquent également la mobilisation estudiantine. “Il faut alerter l’opinion et protester contre ces choix budgétaires. Mais nous n’acceptons pas les mots d’ordre qui mélangent toutes les revendications. C’est la certitude de n’en faire avancer aucune, la certitude aussi de voir des protestations stériles et sans fin de groupes déterminés à instrumentaliser l’université dans son combat contre tous les pouvoirs et autorités”, affirme à 20 Minutes, le syndicat Sgen-CFDT de l’université.

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