Un livret pour expliquer la pauvreté aux enfants par la BD

Dans la rue, à l'école ou dans leur propre vie, les enfants sont confrontés à la pauvreté. ATD Quart Monde et Bayard Presse proposent un livret pour répondre à leurs questions.

Livret sur la pauvreté expliquée aux enfants

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“As-tu déjà entendu dire : “On est chômeur parce qu’on ne veut pas travailler” ? C’est une des nombreuses idées fausses sur la pauvreté. Car ce n’est jamais un choix !“. Ainsi Marie Derain, Défenseure des enfants de 2011 à 2014, ouvre-t-elle, dans un édito, le livret conçu par ATD Quart Monde et ses partenaires, destiné à expliquer la pauvreté aux 8-12 ans, à l’occasion du 25e anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (20 novembre).

“Ce n’est jamais facile pour un parent de répondre aux questions de son enfant sur ce sujet difficile, gênant, angoissant. Beaucoup d’adultes nourrissent aux moins une idée fausse sur la précarité, et nombre d’enfants ignorent totalement ce que vivent leurs camarades en difficulté”, indique Marie-Aleth Grard, vice-présidente de ATD Quart Monde France.

Déconstruire les clichés

L’association a conçu en 2013 un “manuel anti-idées reçues”, destiné aux adultes. Vendu à 36 000 exemplaires, réédité, ce livre “remporte un grand succès, et cela nous a conforté dans l’idée de concevoir un outil semblable destiné aux enfants, les adultes de demain”, raconte Marie-Aleth Grard.

ATD Quart Monde France édite déjà une collection illustrée de mini-livres : Tapori, qui présente la vie d’enfants subissant la pauvreté sur tous les continents. “Mais cette fois, il s’agissait de concevoir un petit livret, synthétique, pouvant aussi être utilisé comme outil pédagogique par les parents”, constate la vice-présidente de l’association.

Le manuel pour adultes, 192 pages, démontait une centaine de clichés sur la pauvreté. Adapté à sa jeune audience, le nouveau livret d’ATD Quart Monde, 16 pages, n’en aborde que six, à travers trois thèmes : le logement (“tous les pauvres vivent dans la rue”), la réussite à l’école (“les enfants pauvres travaillent moins bien que les autres”) et le travail. A chaque sujet, correspond une bande dessinée, “un format bien plus parlant pour eux”, et un témoignage.

Ainsi, une BD raconte l’histoire de Samy, qui se retrouve bien embêté lorsque son institutrice lui demande de présenter l’emploi de son père, au chômage. Ensuite, sont “déconstruites” deux idées fausses – “les pauvres ne veulent pas travailler, ils préfèrent avoir des aides”, “quand on travaille, on n’est pas pauvre”. Enfin, est relayé le témoignage de Jacques, qui a connu la misère, vécu deux ans dans la rue, avant de retrouver un emploi et un logement. “Nous racontons les choses exactement comme elles se passent. Pour cela, nous avons donné la parole à ceux que nos bénévoles croisent tous les jours”, explique Marie-Aleth Grard.

Partage d’expériences

ATD Quart Monde et ses partenaires (les Apprentis d’Auteuil, l’Afev, le SNUipp-FSU et la Ligue de l’Enseignement) ont confié la conception du livret (dessins, mise en page) à la rédaction d’Astrapi (Bayard Presse), et ont partagé leur expérience avec son équipe.

Pour “mieux cerner ce que les enfants connaissent et comprennent de la pauvreté”, une journaliste d’Astrapi, s’est aussi rendue dans une classe de CM2, à Bagneux (Hauts-de-Seine). “Il y a eu un débat, les enfants ont raconté leur vécu, et ils nous ont permis de rendre les bandes dessinées aussi réalistes que possible”, note Marie-Aleth Grard.

“Grâce à ATD qui les avait suivis pendant un temps, la rédaction a pris contact avec Jacques, Amandine et Brahima. Chacun a eu la gentillesse de partager ce qu’il avait traversé et comment il s’en était sorti. Il est apparu essentiel à la rédaction, frappée par le sentiment d’impuissance et de résignation exprimé par les enfants rencontrés en classe, de publier ces témoignages forts pour leur apporter une note d’espoir”, relate ainsi Bayard Presse sur son site.

Pour une utilisation à l’école

Sur 300 000 exemplaires édités, 230 000 ont été insérés dans les magazines Astrapi, J’aime Lire et Images Doc du mois de décembre, qui s’adressent aux 8-12 ans. Les 70 000 livrets restants seront distribués, dans les prochains mois, par les différents partenaires associatifs, chacun dans son réseau – auprès de parents, ou encore dans les centres de loisirs.

Objectif d’ATD Quart Monde : généraliser l’utilisation de ce livret dans les écoles publiques, pour une utilisation en classe. L’association est actuellement en discussion avec le Ministère de l’Education Nationale, afin d’éditer le livret à plus grande échelle, et de le distribuer dans l’ensemble des établissements d’enseignement primaire de France.

Pour Marie-Aleth Grard, “ce livret est une façon d’aider les enfants à mieux se connaître. Pour effacer les idées reçues, il faut parler de ces choses là, entre enfants, et entre adultes et enfants.” Au dos du livret figure un “avis aux parents”, qui les invite justement à “ne pas hésiter à en parler avec eux”.

Le livret “Stop aux idées fausses sur la pauvreté” est également téléchargeable, au format PDF, sur le site de Bayard Jeunesse.

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